Gaston Miron, le poète rapaillé

Gaston Miron… Miron… Ça vous dit quelque chose ?

11035167_10206622483989116_1943351733_oSi vous suivez de près ou de loin notre actualité, c’est un nom que vous avez pu croiser plusieurs fois. Souvenez-vous. Le 21 janvier, au théâtre de la Renaissance, le Cercle des poètes apparus levait le rideau et rendait hommage à ce grand monsieur aux travers de délicieuses « Mironnades picorées ». Extraits de L’homme rapaillé, les membres du Cercle avait présenté au public leurs version des poèmes Monologues de l’aliénation délirante, Avec toi, Ma désolée sereine, La route que nous suivons, Self-défense et Petite suite en lest. Si le choix des textes s’était effectué selon les goûts de chacun, la sélection fut assez représentative de l’œuvre de Miron : du poème amoureux au poète révolté, du français à l’anglais, de l’absurde à la réalité symbolique.

Le coup de cœur du Cercle

La contrainte du temps avait forcé des lectures de textes relativement courts alors qu’un poème avait particulièrement attiré notre attention : Aliénation délirante recours didactique ou un poème multilingue, mêlant français, anglais et expressions québécoise, ponctuation quasi-absente pour des propos engagés sur un rythme effréné.

À défaut de n’avoir pu vous le lire, en voici de courts extraits :

« Y est-y flush lui… c’est un blood man… watch out à mon seat cover… c’est un testament de bon deal…

voici me voici l’unilingue sous-bilingue voilà comment tout commence à se mêler à s’embrouiller c’est l’écheveau inextricable

Je m’en vas à la grocerie… pitche-moi la balle… toé scram d’icitte… y t’en runne un coup…

voici me voici l’homme du langage pavlovien les réflexes conditionnés bien huilés et voici les affiches qui me bombardent voici les phrases mixtes qui me sillonnent le cerveau verdoyant voici le garage les banques l’impôt le restaurant les employeurs avec leurs hordes et leurs pullulements de nécessités bilingues qui s’incrustent dans la moelle épinière de l’espace mental du langage et te voici dans l’engrenage et tu attrapes l’aliénation et tu n’en sortiras qu’à coup de torture des méninges voilà comment on se réveille un bon jour vers sa vingtième année infesté cancéreux qui s’ignore et ça continue

[…]

ainsi le temps s’abolit ainsi l’éternité fait irruption dans l’instant ainsi je ne vis pas une histoire je ne suis pour ceux qui font l’histoire à l’étage supérieur qu’une maladie du soubassement dont ils souffrent depuis un certain temps deux siècles environ je crois une maladie naguère bénigne sais pas j’essaie de voir quelque chose de temps en temps comme une démangeaison mais aujourd’hui qui se manifeste et culmine en abcès de fixation de sorte qu’il est temps estiment-ils d’en faire l’ablation ou quelque chose d’équivalent ce quelque chose qui peut-être surprendra la maladie elle-même ainsi la maladie se résorbera dans la déglutition des grands ensembles »

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Batèches

« Onze percussionnistes en action, une symphonie de sens et de sons sur des poèmes tirés de l’homme rapaillé de Gaston Miron. Un spectacle franco-canadien. »

Si le Cercle vous avait servi la mise en bouche, le théâtre de la Renaissance vous propose le plat et le dessert du 18 au 20 mars avec Batèches, du théâtre musical sur des textes de Miron, une composition originale de Patrick Burgan. Spectacle où se mêlera projection de poèmes du poète québécois, sons à la fois puissants et subtils d’un chœur de percussions. Quand la musicalité des langues rencontrent les sonorités orchestrales, c’est une véritable fusion des sens qui vous attend.

Pour plus d’informations :

http://www.theatrelarenaissance.com/spectacle/bateches

Juliette Descubes

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Une réflexion sur “Gaston Miron, le poète rapaillé

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