Hideout ou l’antre de la mort

f

On a tous déjà vu, dans un film d’horreur, un des personnages ouvrir une porte où l’on devine que son pire cauchemar se trouve derrière. Devant cette folie on ressent alors cette frustration, cette envie de lui crier : « Non, n’y va pas ! ». Et bien dans Hideout on a ce même sentiment d’impuissance mais l’on sait que c’est le danger pris par les personnages qui donne son sel à l’histoire. Ce manga sorti en 2010 au Japon (2011 en France) est écrit par le mangaka Masasumi Kakizaki, déjà connu pour Green Blood et Rainbow. Ici on n’aura pas le problème d’attaquer une série comportant déjà de nombreux tomes, puisque Hideout est un one-shot et ne compte donc qu’un seul et unique volume. Hideout est un seinen, un genre plutôt réservé à un public adulte avec des intrigues et des personnages plus complexe, en somme un shonen (manga pour adolescent) plus approfondi. Mais âmes sensibles s’abstenir : les thèmes principaux sont l’épouvante et l’horreur. À ne pas lire le soir sauf si l’on aime avoir peur.

hRésumer l’histoire sans vous dévoiler la fin est plutôt délicat, mais l’on peut toujours parler des lignes directrices. Une forêt dans la nuit par un temps pluvieux, une silhouette, celle de Seiichi, qui poursuit sa femme, Miki, qu’il veut assassiner. Un an plus tôt la vie lui souriait : auteur à succès, père d’un petit garçon, bref une vie comblée. Mais le bonheur n’est pas éternel et lorsqu’il perd son travail ainsi que son fils c’est la descente en enfer. Le seul moyen pour recommencer du début, c’est d’éliminer la femme qui lui rappel à quel point il a tout perdu. Mais l’assassinat ne va pas se passer comme prévu car Miki va s’enfuir et se réfugier dans une grotte, c’est alors que l’illusion et la réalité vont se mêler. On va voir apparaître des êtres surnaturels qui vont nous donner la chaire de poule. L’histoire est entrecoupé de dialogue externe, c’est la pensée de Seiichi qu’il écrit dans un livre, peut-être bien son dernier.

Si un jour vous avez l’occasion de croiser ce livre dans les rayons d’un magasin ou d’une bibliothèque, vous pourrez déjà avoir un aperçu de l’histoire en voyant la couverture : une main déchirant le papier, des gros yeux nous fixant, c’est comme si nos peurs voulaient prendre vie dans la réalité. L’impact de cette image est immédiate sur notre esprit, et cela procure un petit côté accrocheur, on veut en savoir plus. La vision de cet être surnaturel, nous fait penser que tout ne sera que fantaisie alors que la réalité y occupe une grande part.

Ce qui est le plus extraordinaire dans ce manga c’est sûrement le graphisme. Il y a une telle complexité dans les dessins qu’on peut y voir le moindre détail. Tout est fait pour plonger le lecteur dans un univers angoissant, une ambiance étouffante. Les expressions des personnages sont très bien réalisées et on a une description de la nature tout à fait fantastique, comme la pluie représenté par de fines traînées blanches qui ne hachent pas l’image mais nous transmet cette ambiance de ténèbres, comme si elle nous abattait. Chaque détail est tiré de la réalité, comme un instantané de la vie quotidienne. Par cela on est directement transporté dans l’univers propre à l’auteur. Pour la description de certaines scènes il n’hésite pas à recourir aux gros plans. On est ainsi immergé dans un monde qui fait froid dans le dos, comme si on vivait la scène, sans savoir différencier les deux mondes. Et pour marquer encore plus le lecteur, l’auteur a décidé de faire les trois premières pages en couleurs, accentuant l’horreur de l’histoire. Sans même connaître l’aventure de Seiichi on sait qu’il se passera des choses malsaines. Les monstres qui peuplent l’histoire sont vraiment terrifiants, on pourrait même dire « crade » tant ce n’est pas le genre de monstre que l’on aimerait trouver dans son placard. Confondant les deux mondes l’on se croirait dans le territoire des morts.

g

Les personnages ont chacun leur caractère : le « héros » a un fort problème psychologique, on le voit évoluer entouré de l’enfer de son esprit, il ne cessera de nous surprendre tout au long de l’histoire. Quant à sa femme, ses dépenses ont causés des dettes à Seiichi, on peut ainsi comprendre la fureur qu’il a pour elle. Dans cette histoire aucun des personnages ne peut être considéré comme un « héros », leur psychologie dépasse les frontières de l’humanité. Les monstres peuvent avoir un esprit d’enfant ou un esprit démoniaque, leur apparence reprend les formes d’un corps humain en décomposition, ils prononcent peu de mots mais leur caractéristique physique transmet leur psychologie, on peut se fier à l’apparence des choses.

Pour conclure, Hideout est un récit plein de promesse que l’on pourra aussi bien aimer que détester. C’est un peu comme un livre de Stephen King en manga : on mêle deux mondes qui ne sont pas toujours fait pour se rencontrer. À la fin une question nous vient en tête : qui est le véritable monstre de cette histoire ? « Hideout » signifie « cachette » en anglais : on a intérêt de trouver une bonne planque si l’on ne veut pas finir entre les mains de notre pire cauchemar.

Mégane Richard

Publicités

Une réflexion sur “Hideout ou l’antre de la mort

  1. Pingback: Hideout ou l’antre de la mort | Le Litterarium

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s