D.U.F.F ou la lutte sociale adolescente

« Tu sais, c’est scientifiquement prouvé : dans un groupe, il y a toujours un maillon faible. La fille brave. Le boulet. La DUFF : dodue utile et franchement fade ». Mais comment savoir si cette DUFF c’est nous ? Question toute simple dont la réponse est parfois dur à attendre.

51agn4+LRPL._SX323_BO1,204,203,200_Dans le roman de Kody Keplinger intitulé intelligemment DUFF, Bianca Piper, dix-sept ans, l’héroïne va être confrontée à la dur réalité d’être l’amie dodue, utile, mais franchement fade. En effet, Bianca n’est pas la fille la plus jolie ni la plus populaire du lycée mais elle est maligne, a un esprit mordant et un grand sens de l’humour. Sauf qu’en apprenant par le garçon qu’elle déteste qu’elle est la DUFF de ses amies, elle décide de sortir de l’ombre : la révolution contre les impitoyables règles sociales du lycée commence !

Le titre du livre est assez révélateur du thème abordé (l’estime de soi) : l’histoire se déroule pendant la période du lycée, le moment de notre vie où l’on se cherche – et se forge – une identité. Pour beaucoup, le lycée correspond à trois années de conneries entre potes ou de délire entre filles ; mais pour d’autres cela ramène à une période sombre, difficile à vivre, qu’ils arpentaient à reculons. Ainsi, Bianca vie une période assez dur, devant gérer ses cours, son problème de DUFF et surtout le divorce de ses parents transformant la vision qu’elle a de son père. Pourtant, elle ne perd pas pied, cherchant de quoi se changer les idées et briser ces étouffantes règles sociales.

L’auteur parvient facilement à nous plonger dans cette histoire qui pourrait être la nôtre. Son style est fluide et bien écrit, la façon avec laquelle il a su montrer l’évolution des sentiments des personnages sans trop en faire est appréciable. Les personnages sont attachants, chacun avec son caractère propre, leurs relations sont réalistes, sans compter avec l’humour, les flirts, les coups de gueules … Le livre se lit d’une traite.

Une adaptation déroutante

the-duff-bande-annonce-trailer-mae-whitmanUn film adapté du livre est sortie en 2015 mais même si le titre reste le même, l’histoire n’a pas beaucoup de point commun avec le roman.

Dans ce film, on retrouve bien sûr les mêmes personnages mais l’histoire est plus axée sur la recherche identitaire. Le réalisateur Ari Sandel a reprit beaucoup de sujets polémiques comme l’utilisation abusive des réseaux sociaux par les jeunes (Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram…) ainsi que les conséquences de publications visant à humilier les autres peuvent avoir sur les personnes qui les subissent. Le cyber harcèlement est un sujet sensible pour tout le monde. En revanche, les problèmes que pouvait avoir Bianca dans le livre avec son père son dans le film inexistant : le personnage paternel n’est plus présent, remplacé par une mère dynamique qui a su remonter la pente de son divorce.

Beaucoup de choix scénaristique peuvent déplaire à celles et ceux qui ont lu le livre. Cependant, même si ce film est un exemple parfait de Teen-movie (des acteurs plus âgés que leurs rôles…) les jeux d’acteurs et l’humour très bien dosé fonctionnent parfaitement.

Au final, que l’on lise le livre, que l’on regarde le film ou que l’on fasse les deux on ne peut pas s’arrêter avant la fin et on finit bien sûr avec un sourire jusqu’aux oreilles et l’envie de recommencer.

Léonore Boissy

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La Mort du roi Tsongor : tragique Afrique

« Le deuil enveloppa Massaba d’un coup. La nouvelle de la mort du roi Tsongor se répandit dans toutes les rues, tous les quartiers, tous les faubourgs. […] D’un coup, alors, tout cessa. Cette journée changea de visage. Les robes et les apprêts de mariage disparurent et firent place aux tuniques de deuil et à leurs grimaces. »

000770540Quel père et souverain décide, acculé au dilemme de deux prétendants désirant sa fille, de se donner la mort ? Le roi Tsongor, monarque d’un empire immense, se tue le jour du mariage de Samilia, car il est confronté à deux promesses, l’une encore jeune, l’autre plus ancienne, appartenant à un jeune adolescent.

Laurent Gaudé plonge son lecteur dans une antiquité africaine imaginaire, dans l’empire immense de Massaba, dont le souverain, Tsongor, marie sa fille Samilia au prince Kouame des terres de sel. Mais un second prétendant, Sango Kerim – qui a grandi avec les cinq enfants du roi – se manifeste, réclamant ainsi la promesse de mariage que Samilia et lui ont faite durant leur enfance. Sa venue provoque une guerre furieuse entre les deux partis, d’une ampleur troyenne, et dans laquelle la fratrie princière se déchire. Indécis et perdu, le roi Tsongor décide de se tuer ; mais le trépassé ne peut être apaisé dans une cité détruite. Son plus jeune fils, Souba, se voit donc envoyé à travers le pays, avec la mission de faire ériger sept tombeaux dans sept villes différentes, à l’image du souverain défunt, conquérant terrible, afin qu’il repose enfin en paix.

Lecteurs avides de lyrisme épique, de voyages révélateurs ou de batailles fabuleuses – oui, tout cela est possible dans un même roman – on ne saurait que trop vous conseiller de lire du Gaudé. Auteur salué par la critique, récompensé d’un prix Goncourt des lycéens en 2002 pour ce roman et du prix Goncourt en 2004 pour Le Soleil des Scorta, il narre avec une poésie sincère des récits justes et dramatiques.

Tragédie dans le roman

Le dramaturge semble vouloir se cacher sous le romancier, mais les interstices sont là, la mise en scène se révèle parfois, les acteurs sont présents. Le récit est troyen : une femme convoitée par deux hommes, des héros qui meurent, des défunts qui défilent sur scènes pour punir un roi vaniteux, l’errance d’un fils… Le roman, digne d’une tragédie antique, en connaîtra un dénouement similaire.
Ne nous trompons pas : il ne s’agit pas d’une pièce de théâtre, mais bien d’un roman ; certes un roman à la sauce théâtrale et dramatique, mais un roman tout de même. Laurent Gaudé est un conteur incontesté ; il saisit le mot exact, approprié, précis, il le place dans son récit, qui se transforme en une épopée antique, à base de héros et de souveraines fortes, de soldats et de morts, de bravoures et de défaites.

L’étendard de la famille Tsongor c’est la fierté et le courage ; mais si l’on écoute l’oracle que Souba va consulter, c’est la honte aussi. La honte d’une famille dont le père a massacré des peuples entiers pour sa gloire, ignoré des villes perdues.

Parler aux morts

En accord avec des récits antiques ou tragédies classiques, Gaudé permet à ses personnages de se confronter à la mort, en leur offrant l’accès au dialogue avec le « pays des morts ». Katabolonga, le vieux et fidèle serviteur du roi Tsongor, sait parler aux défunts. Il sait écouter l’inaudible. Il répond au monarque décédé, affligé de la guerre entre ses enfants, qui ont chacun rejoint un camp. Tsongor est toujours présent en son corps, et il voit défiler la foule sinistre des tués de la guerre : « Je n’ai rien réussi, Katabolonga. C’est ma punition qui vient maintenant. Chaque jour. Chaque jour je verrai venir à moi les guerriers tombés sur le champ de bataille. Je les contemplerai pour essayer de les reconnaître. Je les compterai. Ce sera mon châtiment. Ils défileront tous ici. Et je resterai là, horrifié par ces cohortes qui, jour après jour, viendront peupler le pays des morts. »

Sa crainte maintenant, depuis sa propre mort, c’est de voir passer devant lui ses enfants, vers le domaine des macchabées, des tués à la guerre, des sacrifiés pour sa défaite.

L’errance qui sauve

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Laurent Gaudé

Souba est le fils qui part loin de la destruction et du tumulte, pour trouver la dernière demeure de son père. Au commencement de son voyage, il rencontre des peuples qu’il salue comme le roi le faisait. La foule comprend et pleure son souverain. Le Roi est mort, vive le Roi ! Mais avec la construction des sept tombeaux, le fils voit alors le père tel que le peuple le voyait, il réalise son héritage et devient un homme : « Souba poursuivait son chemin à travers le royaume. Et ces moments d’errance qui, au début, lui faisaient peur, il apprenait à les aimer de plus en plus. […] Il parcourait les routes, allant d’un point à un autre dans l’indifférence du monde et cette indifférence lui faisait du bien. Il n’avait plus ni nom ni histoire. Il vivait en silence. Pour ceux qu’il croisait il n’était qu’un voyageur. […] Heureux de n’avoir rien d’autre à faire, dans ces instants, que de contempler le monde et se laisser envahir par sa lumière. »
Souba, c’est le fils devenu homme, le fils épargné ; peut-être aussi le fils sauvé ?

Le roman de Laurent Gaudé narre l’apprentissage d’une aventure de l’homme – comme on en trouve de nombreuses dans la littérature – mais cette fois-ci c’est un récit double. L’un se penche sur la défaite de la conquête égoïste face à un engagement du passé ; l’autre choisit de suivre un jeune homme dans sa quête du dernier repos de son père. Les uns réitèrent le schéma paternel et royal, d’autres s’en détachent. En particulier Souba, qui s’éloigne physiquement de la cité du roi-père, mais s’en éloigne également spirituellement ; il part, sans le savoir encore, à sa propre découverte, vers lui-même et vers, peut-être, un nouveau monarque.

Mathilde Voïta

Jacques Réda, les éclats du bonheur obscur

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Trois recueils différents paraissent successivement dès 1968 : Amen tout d’abord, puis Récitatif en 1970 et enfin La Tourne en 1975. Réunis, les poèmes ne peuvent se lire qu’au hasard. Un titre, un vers, d’autres vers, un poème entier parfois. La lecture ne peut qu’être libre, associant les fragments d’images aux morceaux de mots. Le lecteur ne peut que s’oublier pleinement dans cette liberté, corps et âmes entièrement happés dans un collage d’instants de vie pris sur le vif. Ivre de sensations rendues exquises par le rythme, il n’est plus lui-même, impossible. Comment l’être alors qu’il devient le captif d’une vie (la poésie ) qu’il poursuit et toujours lui échappe ?

Existence précaire

photo-reda-1-1La vie ne tient qu’à un fil. Sur ce fil se trame le récit de l’existence. L’existence n’est qu’un récit. Un récit sur la vie mais plutôt un récit sur la mort. Les vivants, c’est-à-dire les poètes peut-être, ne font toujours que le récit des morts et donc le récit de leur propre mort. Elle est le point de départ et d’origine. Elle ouvre le recueil, elle prend place. Mort d’un poète est à la fois un hommage à Henri Sylvestre, un hommage aux autres poètes, ceux qui sont « obsédés par la mort aujourd’hui », un hommage aussi au seul et unique poète. Qui est-il ? Personne en particulier, finalement. Une ombre, un solitaire tout au plus. Celui qui se tient seul dans une posture où « jamais nul soutien, nul appel ne lui vint ». Celui qui « travaillait sous la menace d’une primitive massue ». La mort, pour ainsi dire, donne vie à la langue, au langage poétique. Et ces vers : « Ainsi meurs fut le sens brutal de la langue étrangère / Qu’il traduisit tant bien que mal dans le goût de l’époque, / Rêvant parfois d’un dieu lettré, par égard pour / agonie, / Établirait son nom dans l’immortalité des livres. » Ainsi soit-il. Amen, donc. La mort n’est donc que le prétexte d’écriture, écriture qui offre la connaissance, « À savoir qu’il devait mourir de la même mort que les / mots, les astres et les monstres. » Elle est l’événement qui ramène l’équilibre parmi « Les vivants » puis les « rebelles » et les « frontaliers », figures poétiques des poèmes individuels, vivants. Vivants mais inconnus, ces figures anonymes ne sont jamais seulement que « ceux d’entre nous qui ont le goût de l’éternel », c’est-à-dire ceux qui éprouvent la possibilité précieuse de savourer les instants fugaces trop vite passés, ceux qui n’oublient pas en les faisant revivre infiniment, ceux qui savent jouir de l’existence précaire.

Le bonheur est obscurci par le fourmillement des détails : un lieu, une odeur, un objet, un bruit, une atmosphère, une lumière, un moment indéfini, une trace de souvenir, un corps pleurant, une violence tue, un sourire étrange, une foule, une porte, un silence, un sentiment, une couleur, un animal ; l’enfance, la mort, la nuit, le ciel, le jour, le sable, l’âme, l’ombre, l’habitante, le criminel, le soleil. Il y en a encore. Les poèmes éclatent, s’éclatent les uns les autres dans le même désir de poursuivre le manque de bonheur qui assoiffe et force à dire douloureusement, à dire juste ce manque : ces éclats du bonheur obscur.

Chant et silence : la rupture de la lecture

Écrire. Écrire la poésie. Lire la poésie. On oublie cette distinction et l’on dit trop souvent écrire de la poésie, lire de la poésie. Or, ramener la poésie à la banalité c’est lui refuser la singularité de devenir chant. Le chant, ou le lyrisme si l’on veut, opère une métamorphose fabuleuse de la voix. Les détails, les morceaux, les fragments de tout et de rien subissent également une métamorphose dans cette mise en voix. Cette mise en voix qu’est la poésie est le seul mouvement qui peut embrasser la vie commune et la vie individuelle dans un même chant. Un chant d’images évoquées et révolues, un chant d’images imaginaires « apparaissantes » et « disparaissantes ».

bris de verreSi la poésie de Jacques Réda est un chant d’images précises et floues, le lecteur n’écoute alors que le rythme de la poésie. On entend une chose, puis une autre, encore une autre et ainsi de suite. L’écoute est linéaire, calme, presque sans surprise. L’écoute de ces détails successifs est rassurante par le changement qu’il opère, une chose après l’autre, une chose remplace et fait oublier la chose précédente. Écouter la poésie c’est oublier pour se concentrer uniquement sur le moment présent, c’est isoler ce moment des autres, le désolidariser du temps. La tension est extrême, on est sur le qui-vive face aux changements incessants, au mouvement perpétuel. Pourtant, il est possible et nécessaire de s’arrêter aussi, de ne plus écouter la poésie, de refuser le chant envahissant, de ne pas céder aux sirènes agréables, aux appels séducteurs : c’est la vie, c’est le bonheur ! Le silence n’est jamais total, jamais pur. Il s’agit seulement de faire rupture, de créer la rupture dans le chant. Comment faire ? Apprendre à lire et à écouter le désordre. Mais comment faire ? Peut-on savoir lire et écouter la poésie ? Les questions importent plus que les réponses. Lire la poésie de Réda serait refuser de la lire par habitude, par interprétation en sollicitant l’intelligence, l’idée de l’intelligence, le mental qui veut tout classer, ordonner, rechercher, creuser, assembler, structurer, donner sens. Lire la poésie de Réda c’est aussi choisir de ne pas la lire, de sauter certains mots, certains passages, des poèmes entiers, c’est choisir d’y revenir, regarder plutôt que lire.

Écrire sur la poésie de Réda c’est choisir quoi dire de l’expérience de lecture qui ne peut être qu’intime et personnelle. Écrire c’est inviter, faire vivre autre chose que le texte lu. Écrire ici, c’est donner une clé, une entrée non pas pour comprendre la poésie de Réda, – choix essentiel qui permet peut-être d’éviter le risque de ne lire que l’article plutôt que la poésie même – mais pour donner un sens (et non pas du sens) à sa poésie. Un sixième sens, le plaisir simplement.

Anh-Minh Le Moigne

L’Attaque des Titans : monstres et Cie

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Au pays du soleil levant, on aime bien inventer des histoires plus étranges les unes que les autres. Le manga L’Attaque des Titans en est le parfait exemple. De son nom d’origine, Shingeki no Kyojin, cette série vit le jour en 2009 au Japon sous la plume d’Hajime Isayama. Ce fut son premier succès et grâce à elle, il remporta le tournoi shonen en 2013. Véritable phénomène au Japon avec dix-huit tomes publié. On en compte dix-sept sortis en France avec une édition limitée pour le dernier paru. Mais sa popularité est devenue mondiale et on a depuis exploité tout les supports pour faire connaître la série tel qu’une adaptation en série d’animation diffusée en 2013, un film live (adapté à l’écran avec des acteurs réels) sorti en 2015 et un jeux vidéo annoncé durant la gamescom de la même année. Mais ce qui prouve l’intérêt de ce manga est sûrement le nombre de séries dérivées.

En effet l’auteur s’est appliqué à faire en sorte que le lecteur ne se pose pas trop de question, tout est expliqué :
Before the Fall nous conte les événements soixante-dix ans avant ceux relaté dans la série principale ;
– Dans Birth of Livai on peut comprendre l’origine d’un des personnages, Livai, qui, malgré un rôle secondaire dans L’Attaque des Titans, a quand même une certaine importance ;
Le Guide officiel, comme son nom l’indique, établit une description de l’univers de la série, de ses personnages et de son environnement.

Extrait du film

Extrait du film

Le titre du manga est assez révélateur du thème traité : la lutte contre une invasion de titans. On peut sûrement y voir une référence au conte pour enfant Jack et le haricot magique ou Jack le tueur de géants. L’œuvre se déroule dans un temps se rapprochant du Moyen-Age (dans le manga on a un repère chronologique qui indique « an 845 ») mais le matériel utilisé pour tuer les titans est assez futuriste. Il y a une vraie recherche technique alors que la hiérarchie de la société est celle du temps médiéval. Rappelons les lignes directrices de l’histoire. Une population d’êtres humains vivent dans ce qu’on pourrait nommer « une forteresse », afin de se protéger des titans qui n’ont qu’une seule envie : les manger. Afin de « cohabiter » avec ces monstres, ils donc construit différents murs : un grand mur circulaire avec, à l’intérieur, un autre mur et encore un autre. Des noms leur sont attribués par ordre décroissant : Maria, Rose et Sina. Dans cette répartition de la hiérarchie le roi vit, évidemment, au centre.

Pour se défendre des titans, l’armée est divisée en différents groupes :
– La garnison, qui s’occupe de la protection des habitants et de l’entretien du mur ;
– le bataillon d’exploration, qui élimine les titans à l’extérieur du mur et qui acquiert des connaissances sur eux ;
– La brigade spéciale, chargée de la protection du roi et de sa cour.

Le manga se focalise sur le personnage d’Eren Jager qui, étant plus jeune, a vu sa mère se faire dévorer par un titan. Depuis, son seul but est d’intégrer le bataillon d’exploration afin de combattre ces êtres monstrueux. Pourtant, à part la présence monumentale des titans, l’histoire semble plutôt banale. Jusqu’à ce que Eren découvre la faculté de se transformer en ses pires ennemis. Au combat permettant de sauver l’humanité se mêle des interrogations mystérieuses sur cet étrange pouvoir.

Extrait du manga original

Extrait du manga original

Le petit point faible du manga réside dans le graphisme. Alors que l’histoire est vraiment riche (recelant sont lot de nouvelles découvertes au fil de la lecture, et sortant de l’ordinaire par le fait qu’elle ne se rapproche d’aucun autre manga, à l’exemple de Prophecy ou Darwin’s Game où le portable joue un grand rôle) le dessin, lui, manque de détails. Il en résulte un effet brouillon qui pourrait en dégoûter plus d’un. Certains pourraient donc préférer l’animé du fait de son excellente réalisation. Mais le graphisme brouillon ne peut pas toujours être vu comme un défaut : si vous aimer les scènes de torture, les têtes arrachées, le sang qui gicle de partout, c’est absolument parfait pour vous. Le manque de détail permet une certaine originalité ainsi que l’établissement d’une atmosphère pesante collant bien à cette histoire tragique.

L’expression des personnages est, quant à elle, très appuyée et parfois même trop, ce qui donne une petite touche humoristique. Cet humour est aussi donné par le caractère de certains des protagonistes de l’histoire, ce qui casse un peu la tragédie de l’histoire surtout lorsqu’ils se retrouvent devant de grosses difficultés. Cette diversité des caractères apporte vraiment un plus à l’histoire permettant de s’identifier et de s’attacher très rapidement à certains personnages. En revanche, ils ont tendance à mourir vite, apparaissant dans un tome et mourant dans le suivant, sans pouvoir connaître leur histoire.

Bref, malgré le graphisme particulier qui peut en faire fuir certains, L’Attaque des Titans nous propose une histoire prenante, riche en rebondissements. Difficile de s’arrêter une fois la lecture commencée. Eren et ses amis arriveront-ils à stopper les titans avant l’extinction de l’humanité ?

Mégane Richard