Les Gangues du monde moderne

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Ah ouais ? J’ai dans le crâne un abattoir ; le chocolat chaud passe mal ; l’académie me les casse ; c’est l’heure où les bruits de pisse résonnent dans les couloirs des immeubles. Le chocolat descendu, je tire une latte et deviens aviateur : dans mon avion Gayot, je mitraille des bouchons sur les anges qui chutent, je plane au-dessus de ton septième Art, la gueule tordue à la façon d’une Bugatti. Depuis les sphères éthérées le soleil me crame l’échine et ses rayons glacés me fendent les cernes, ce cachot tuméfié. Mon crâne exsude des catacombes de vie, un caveau dégueulasse où durant les entractes je gerbe sur l’exil des hommes à en teindre mon froc. J’entends le festival meurtri, le zoo libéré, une girafe s’y fait enculer par son mâle que la propriétaire a rebaptisé Nid d’Espions. Drôle de nom. Je me gratte lupanar dans des rues jonchées d’Irish Pubs. Ma tête éclate Jimmy, la Mallow Malcone’s, elle me butte le crâne. Cette merde vient de Jamaïque. Putain, dès que je le revois ce perroquet bleu, j’te promets que je lui refais les fesses, d’un coup je le lèse. Il traîne devant les pubs avec son daron Nelson ; le point de mire de ce mec c’est sa chambre, une vraie saloperie de hipster qui prêche la révolution. Ils auraient dirigé une rhumerie dans le temps, ils écoutaient du jazz. Maintenant, c’est de la pop. Avec sa meuf à Stras’ ils écoutaient Waikiki s’branler dans son saxo avec son velvet glove légendaire, fap fap ; le bar c’était le Warning, la zone, rempli de boys délétères. La lune noire, des nuits farouches, les amoureux jouaient au monte-Carl ; en gros, sa meuf se faisait tringler sous ses yeux et lui comme un ange ou un écureuil se finissait seul sur des rythmes de java. Une vraie salamandre, la langue bien pendue. Blanche Neige aurait vite su comment la lui coller, sa langue sur son cabaret, l’aiglon rigide, ce mec se serait liquéfié sans que ses couilles n’ait le temps de claquer une seule fois son cul. Les embruns du désir mettaient son corps en branle, à l’abri de la brune dans la brume il se branlait et s’écoulaient la bruine. Cette meuf a la Lido en feu, un doigt dans le cul, deux dans la chatte, et Marie Marengo. Le Valvert sale, Marignan et ses râles, Michèle et son milord dans le piaf, tous à gueuler dans leur patelin qu’ils souffrent, s’aiment et sèment enfin des sèmes assis, tranquilles à la terrasse des esprits cassés. Ce soir ils seront douze à Trappes, sur leurs pc, tous branchés sur les artifices. Les apôtres à leur chope, les culs en rond à s’enfiler du Grant’s par la rosette, à refaire le monde ; Mike Brant qui chante depuis le poste de radio. La dégénérescence de Brooglie et Italia génère des cerveaux en grève ; eux ont sous les bras des kilos de colombienne en giclant sur leurs toiles des tonnes de peinture. Brooglie a le pinceau pubescent le moins brossé de Paname. À Montmartre, c’est dans les ateliers des odeurs d’eaux qui dorment. Au pieu, c’est l’opéra, milles eaux jaillissent en Milona ; c’est avec son Michel vibrant dans la chatte qu’elle jouit devant Snatch tandis que Brooglie fait de son balle un rouleau spumescent.

Au loin, c’est Nelson qui bouffe avec ses baguettes chinoises son gros kilo de merde.

Demain ma belle, on roulera dans une caisse le shit qu’on m’a vendu dans ces gangues de désespoir du monde moderne. Fini l’avion, fini le ciel, demain je trace sur des rails le galbe de ton corps. Qui sait, et si le train passait ?

Alexandre Boutard

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