Jade Tigana, « L’autre, ce voyageur »

Jade Tigana, gagnante de la deuxième Veillée Poétique de la saison

Jeudi dernier à eu lieu la deuxième Veillée Poétique de la session 2016-2017 qui a regroupé une quarantaine d’amateurs de poésie dans une ambiance sympathique et enjouée. C’est dans cet enivrement d’émotions, de jolis mots et de cookies qu’un poème préféré a été choisi : L’autre, ce voyageur de Jade Tigana. Ce fut alors une double victoire pour la jeune étudiante qui diffusait ses poèmes pour la première fois dans un événement public, puisqu’elle a également remporté la mention « coup de cœur » des organisateurs de l’événement, plus tôt dans la semaine.

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L’approche Littéraire de Jade

Jade Tigana, étudiante en Lettres Modernes, est passionnée de littérature depuis toujours. Bien qu’elle se soit longtemps intéressée au théâtre, qu’elle pratiquait avant son arrivée à Lyon, la plume poétique est ce qui a toujours le plus exalté l’intérêt de la jeune femme, l’ayant expérimentée très jeune :  « J’ai commencé à écrire quand j’avais dix ans, c’était une sorte d’échappatoire, un moyen de me sentir mieux quand j’étais triste, aujourd’hui c’est une passion ». À cette époque elle écrivait des vers, puis peu à peu son écriture a évolué vers la prose, qui compose la majorité de ses poèmes aujourd’hui, pour aller vers un format de nouvelles si son projet aboutit.

L’autre, ce voyageur

Je ne t’aurai jamais dévoilé les petites imperfections de mon être. Ces petites tâches sur mon chemisier, ce lacet déchiré sur ma chaussure, ce nœud papillon mal ajusté, cette cicatrice blanche sur mon épaule, toutes ces marques du passé, ou bien ces disharmonies du présent, je les aurai fardé, raccommodé, jusqu’au dernier pour ne pas ternir l’image que tu avais de moi. J’aurai porté ce masque, jour et nuit, jusqu’à ce que l’obscurité se fasse assez profonde, jusqu’à ce que le sommeil t’emporte, pour daigner le mettre de côté, là, sur la table de nuit, toujours à portée de main.

J’aimais à être ta poupée de cire, cette beauté figée, cette contenance à toute épreuve, qu’une brise de vent n’aurait guère ébranlée. Une âme délicate enveloppée dans un corps de soie, souviens toi de mon rouge à lèvre, jamais trop rosé, et toujours assez sucré. Celui-ci ne t’aurait jamais tâché, et mon parfum, de loin âpre, te berçait jusqu’au petit matin. J’avais le goût de l’harmonie, une musicienne ayant si bien accordé ses cordes..

J’étais ce mannequin d’osier, cette effigie de verre, qui s’efforçait jour après jour, de briller à tes yeux, d’exceller aux yeux du monde, et pour ce, j’aurai arboré mon corps, de toutes les parures de l’univers.

Quelques années après, la vie m’ayant donné une leçon, m’apprit à me mettre à nu et à dévoiler mes artifices. Mes cicatrices sont désormais à vif, quoique moins voyantes, et j’aime à être débraillée, à afficher une simplicité, à mal raccommoder ma cravate, à laisser tomber mon béret sur mon front. Cela me rend plus vrai, cela me procure des sursauts de vie, une vie au cours de laquelle nous sommes quelquefois maladroits, mais de ces maladresses qui nous attendrissent, «  tiens, il te reste du dentifrice au coin des lèvres », quoi de plus humain, que de laisser des traces de nous, des traces du monde, sur le petit bout de son nez, au recoin de son être.

Quelquefois cependant, cette poupée d’autrefois, me revient en tête, avec tous ses charmes, avec toute cette pureté, avec cette perfection maladive qu’elle exhibait. Si je ne suis plus celle-ci, je suis encore son souvenir, et quand j’y pense, ce ne sont pas de ces douleurs qui oppressent l’âme, ce sont de ces douleurs qui nous font respirer un peu plus vite, penser un peu plus fort, écouter cette musique un peu plus longtemps, et se sentir un peu plus vivant. Il est des personnes dans nos vies, qui sont comme ces passagers dans le train. Ils montent dans ce wagon, brûlant d’impatience, dévorant le paysage qui défile sous leurs yeux. Plusieurs arrêts passent, les regards se croisent, les vies s’entremêlent. Puis, le trajet, plus ou moins long, prend fin. Les voyageurs descendent du train, quelquefois fatigués de la traversée, d’autres fois soulagés.

Ce train, c’est notre histoire, à toi, à moi, à vous. Ces voyageurs, ce sont ceux qui ont plus que glissés dans nos vies, ils s’y sont accrochés avec ferveur, et tellement vite, qu’ils ont oublié une partie de leur bagage. Ces bagages, ce sont la charge de souvenirs qu’ils nous ont laissé, cette puissance émotionnelle qui, des mois comme des années après, nous inonde encore de son parfum suave, de ses baisers, échangés au recoin de la gare, voie A, au détour d’un couloir, derrière cette porte, à la sortie du cinéma, sous le lampadaire rue de l’Argenterie, furtivement, sous ces draps de miel, et désormais, au travers ce rêve, derrière ce passé, et pourtant, sur le chemin du présent.
Vous êtes ces voyageurs d’autrefois et qui, cependant, nous traversent encore.

Jade Tigana

 L’approche poétique

Jade Tigana

Le poème L’autre, ce voyageur est la comparaison de deux relations que le narrateur a eu. L’une où il n’est pas lui-même, inexistant : une parfaite « poupée de cire » et l’autre où le narrateur laisse ses défauts s’épanouir, ce qui le « rend plus vrai » et anime sa vraie personne.

Ce poème magnifique porte sur l’amour comme beaucoup d’autres poèmes de la jeune écrivaine. Celle-ci explique que l’amour est une source inépuisable d’inspiration mais qu’elle aime aussi s’inspirer des thèmes du quotidien, du non-exceptionnel (« tout est éligible dans l’art ») mais surtout dans ses expériences personnelles bien qu’elle avoue avoir peur que les gens dont elle parle dans ses écrits se reconnaissent. Ceci n’empêche pas le lecteur de s’identifier au poème : la question de l’amour touche tout le monde, ses poèmes ont « un rapport à la fois personnel et universel, on parle de soi mais aussi de l’autre ». Le but est que chacun se reconnaisse, s’identifie dans ses poèmes et ne se sente pas isolé dans ses sentiments.

En savoir un peu plus sur Jade

En plus d’être étudiante, Jade fait partie d’une équipe de foot à Lyon, est modèle photo et fait du baby-sitting. C’est le soir, suivant son rituel d’écriture, que la poétesse travaille, isolée dans une pièce au calme pour les premiers jets de sa prose, qu’elle reprend le lendemain pour peaufiner ses petites œuvres. Son ambition est de devenir éditrice et de publier un recueil afin de continuer à partager sa poésie.

En attendant , ses poèmes sont accessibles sur sa page We<3Words : http://welovewords.com/jade-tigana.

Crédit photo : Émmanuelle FRÉGET : www.emmafreget.com

Noémie Bounsavath

Tout part de rien : le poème vainqueur de la première Veillée poétique de la saison 2016/2017 !

Malgré la déprime et la colère provoquées par les événements du 9 novembre 2016, la première Veillée Poétique du Litterarium a été une vraie bouffée d’air et un révélateur de talents puisant toujours dans les maux du monde pour en déclamer des mots mélodieux, lyriques et engagés.

19 textes ont été lus, interprétés et applaudis : pour certains, c’était le grand saut, pour d’autres un rendez-vous mensuel ou annuel agréable et revigorant !

L’auteur

Le gagnant 1-g-t-et-n-b-image-2de cette Veillée est Gyslain Ngueno aux multiples facettes : ingénieur achat dans la recherche et développement, il pimente et embellit sa vie en devenant un expérimenté de la récitation traditionnelle des textes poétiques mais surtout un poète croisant le rap et le slam. Ayant déjà rédigé de nombreuses nouvelles, il se lance aujourd’hui dans son premier roman. Il trouve son inspiration « dans les livres du genre humaniste,  ceux qui donnent des leçons de vie et une manière nouvelle de voir les choses ». La promesse de l’aube de Romain Gary est un de ses piliers littéraires : « il m’a réconcilié avec ma citoyenneté ».  Gyslain  aimerait faire de l’écriture son métier ; à l’instar de  Gauguin ayant affirmé que « Désormais je peins tous les jours ».

Le poème

Son poème a été créé à partir de la vision d’Edgar Morin sur le cosmos. « On est rien,  chaque chose est un éternel recommencement ». Avec ses vers, Gyslain s’exprime non pas à une personne en particulier mais à son prochain : « On est rien jusqu’à ce qu’on commence quelque chose, qu’on existe par les autres.  Il faut prendre conscience de sa petitesse. » Une réflexion qui a évidemment plu à la majorité des votants,  à savoir les jurés,  les membres du Litterarium, les participants et le public ! Sa plume vive, brève et directe a pu montrer l’essence même de la poésie : sa musicalité. La sienne est rapide, agréable et percutante. Un rythme semblable aux passions amoureuses, aux premiers bonheurs qu’on cherche, trouve puis perd brutalement. Être modeste face sa condition d’homme ou de femme tout en s’efforçant de vivre pleinement, voilà ce que ce poème veut transmettre. Il faut être clairvoyant et actif : par le biais de nos erreurs, nos réussites et du hasard de la vie, il est urgent de vivre l’immédiat et le dépassement de soi signifie bien se livrer entièrement pour l’être aimé l’instant présent.

Ses textes sont disponibles dans son premier recueil Souplesses en vente sur  le site internet de Z4 éditions ou dans quelques librairies de Lyon. Et de temps en temps sur le Gazettarium dorénavant !

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Tout part de rien

L’espace, né du vide,

Le temps, du non temps

La matière, du néant.

Tout part de rien,

L’amour, d’un regard,

L’embarras d’un regret,

La haine, d’une aigreur,

Le fruit, d’un labeur.

Tout part de rien,

Alors rien n’est pas nul,

Rien est à la base de laquelle tout s’accumule,

Du rien à l’infiniment grand,

Du tout à l’infiniment fétu,

Il n’y a qu’un pas, deux pas, trois pas.

Ce qu’on fait, ou ce qu’on ne fait pas,

Ce qu’on donne, ou ce qu’on ne donne pas.

Rien hier j’étais, Rien demain je serai,

Mais aujourd’hui je suis.

En attendant, embrasse-moi,

Ta main, donne-la-moi,

Ton amour, je le veux, aime-moi,

Vite mais bien,

Avant qu’il ne reste rien,

Puisque tout part de rien…

 Noémie Bounsavath et Gwendoline Troyano

Poème gagnant de la 3e Veillée poétique (février 2016)

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La troisième Veillée poétique du Litterarium nous a offert de nombreuses surprises. Déjà, grâce à un public toujours plus nombreux et multiculturel, mais également avec des prestations et des poèmes tous plus intéressants et joviaux les uns que les autres, et qui parfois nous ont amené à réfléchir sur nous-même, sur notre société… Quel plaisir ça a été pour l’équipe des Veillées ! La sélection du meilleur poème n’a pas été tâche facile car vous vous êtes surpassés, vous nous avez épatés. Il a tout de même fallut remplir notre rôle, c’est pour ça qu’on nous paye ! (Ah non, ce n’est que par passion que nous faisons cela, à la bonne heure !) Donc, ce 18 février 2016, notre choix s’est tournée vers Jérémie Monribot avec son dialogue sorti tout droit de notre potager : Prendre racine.

À la lecture de ce poème, une multitude de pensées nous est venues. Il faut dire qu’il est haut en couleur ce dialogue. D’abord de nombreux personnages, puis, lorsque nous nous familiarisons avec ce texte, plus que deux personnages. Deux amis, deux amies, deux amours ? Jérémie nous offre un nouveau monde, une sorte de parodie de notre jeunesse. Deux jeunes à l’arrêt de bus (« à l’arrêt d’buis ») qui se rejoignent pour aller à une soirée. Bien que les phrases peuvent être difficiles à comprendre avec tout ce lexique se rapportant aux fruits, aux légumes, à la nature, il y a de biens habiles jeux de mots qui, lorsqu’on les lit à voix haute, nous font fourcher (« J’ai grave la datte pas toi ? »). Avec l’équipe nous nous sommes imaginés dans une sorte de potager à taille humaine avec des personnages à la Guiseppe Arcimboldo ; mais oui, vous savez ! Ce fameux artiste que l’on a pastiché enfant, avec ses portraits à tête de légumes ! Voilà, c’est le monde dans lequel Jérémie nous a envoyé.

Giuseppe_Arcimboldo_-_Rudolf_II_of_Habsburg_as_VertumnusAu delà de la sphère comique, nous y avons vu des sujets plus sérieux. Le plus flagrant était le rapport à la flore, comme une ode à la nature. Ce poème nous projette dans une atmosphère végétale, c’est certain, mais nous offre également une bouffée d’oxygène qu’on a tendance à oublier, à ne pas saisir quand on en a l’occasion. Tout cela avec une légèreté qui nous porte mais ne nous dépayse pas pour autant car nous gardons nos djeuns (c’est vrai qu’il n’y a pas plus vieux que de dire ce mot), nos soirées organisées, nos querelles contre celui ou celle qui est toujours en retard dans le groupe… Un monde finalement, identique au notre.

Le titre est la partie la plus énigmatique de ce poème. « Prendre racine », est-ce qu’il est question ici des racines en tant que rapport à l’identité nationale ? Depuis des décennies déjà ce thème est en vogue, bizarrement c’est ce qui reste à l’honneur, alors que les vêtements et les smartphones ne cessent de muter. Ou est-ce plutôt cette jeune génération qui a l’impression de prendre racine, de ne pas pouvoir dépasser ce nouveau plafond de verre – plus rapporté aux femmes – mais à des personnes à qui l’on demande toujours plus : l’expérience, les diplômes, la sympathie, si possible sans besoin de congé maternité/paternité, et ne réclamant qu’un salaire pauvre. Une génération bloquée donc, qui ne peut plus évoluer, qui ne fait que régresser. Et pourtant. Toute la douceur de ce poème montre qu’à l’heure où l’avenir ferme ses portes, nous ne nous rabaissons pas, nous continuons à vivre et à apprécier ce que la nature nous apporte. Un grand merci à Jérémie Monribot pour cet instant, pour cette ode à la nature, pour cette ode à l’espoir d’une jeunesse loin d’être perdue.

N’oublions pas la charmante Léa Berry pour avoir accompagné notre poète lors de ce dialogue et ainsi nous a offert une prestation complète : attendrissante, comique, touchante, et pleine de saveur.

Bisous à tous, mes « p’tits phalloïdes ».

Perrine Blasselle

Prendre racine de Jérémie Monribot

« Soleil ! Comment ça pousse ?

— Bien biné. Et toi ?

— Moi ortie. Tu verveines toujours ce soir ?

— Oui, j’te rempote à l’arrêt d’buis.

— J’lierre que t’es en chemin ?

— Non j’arroserai un peu en radis.

— Bon mais ‘pêche-toi, c’est pas cyprès ! »

Un peu plus tilleul :

« Bon qu’est-ce que tu feuilles ? Y a 15 minutes que j’t’acacia.

— Je sève, sauge en route !

— Et tu hêtres où exactement ?

— Pot loin, mais j’me dé-chêne !

— Y en navet sérieux, t’es bocage à l’orée !

— Pomme, liège, cèpe ! c’est la dernière figue que je t’if le coup.

— Des mottes mon gars, c’est des mottes en l’air encore.

— Allée if moi conifère un peu !

— J’violette bien maïs toujours panais avec toi.

— Arbre ! J’te vigne, à toute !

— Haie, j’t’ai vigne aussi. »

Un instant plus tilleul à l’arrêt de buis :

« Soleil ! Allée, ça vase, if pas cette laitue. Tu vas pas bouturer pour si peu ?

— Pff, ça vase, ça vase, c’est toi qui le dahlia. Si j’avais pas canifé ton nom sur mon écorce je sèverai pas ici à prendre racine. En plus y cassis à goutter.

— T’orage pas, j’ai pensée au saule, verveine dessous.

— Mouais, mélisse. J’ai grave la datte pas toi ?

— Si j’ai la datte, on y goji ? »

Ils alizées ensuite à la rose trémière :

« Bon sorgho, magnolia et mélèze, une serre pour deux ?

— Oui, si fougère.

— Par citron je vous prie. Je vous lys vous planter. Voilà la planche.

— Mélisse beaucoup !

— Je vous amarante quelque chose à pistil ? Raisin, houblon, coco ?

— Non, juste un arrosoir si fougère.

— Woaw ! Le menu à 15 chloro m’file l’eau à la souche ! Y a une salade de fumier chaud, et des boules de gui au froment. Et toi t’as moisi quelque roche ?

— Moi j’escargote encore sur le désert. Entre la mousse au chanvre et le sorbier glacé.

— Panais pour moi.

— On n’aura qu’à potager.

— Oui belle pensée ! Tu sèves que j’t’amanite ma panthère.

— J’t’amanite ortie mon césar.

— J’t’amanite plus que tout ma grisette.

— J’t’amanite à la mort mon p’tit phalloïde. »

Poème gagnant de la 2e Veillée Poétique (décembre 2015)

À l’aube de la fête des Lumières et en hommage aux victimes des attaques du 13 novembre, vous aviez été nombreux et nombreuses à vous joindre à nous afin de veiller en poésie sur le thème de la lumière. Ce 3 décembre 2015, un texte avait retenu notre attention plus que les autres. Dissimulé derrière un titre plein d’humilité, Lumière, Vincent Villanueva nous avait offert tout un monde non pas à entendre, mais à voir.

gustav-klimt-3-ages-femmeC’est dans un style très emprunté au cinéma que nous découvrions cet auteur pour la première fois. Au rythme de vingt-quatre images par seconde, sans ponctuation pour démêler les mots, le poète nous laissait une « fenêtre » ouverte sur une « scène éphémère de [son] intimité ». Son écriture visuelle nous permet de fixer plus durablement sur nos rétines volages ces micros-événements du quotidien frappés d’éternité. Des reflets bleutés des bas en nylon, évocation sensuelle de la traîne de poussières que laissent les comètes sur leur passage, aux raies de lumière qui traversent les stores pour venir poignarder l’obscurité, rien n’échappe à l’œil de Vincent Villanueva.

Une autre qualité littéraire très remarquée se situe dans l’hymen charnel des contraires réalisé à mots couverts. Il s’agit en effet d’une poésie de la suggestion baignée dans la moiteur des secrets d’alcôve. La femme, notamment, y est toujours bifide. À la fois émettrice et réceptrice de lumière, la figure féminine incarne à elle seule les trois âges de la femme. Lorsqu’elle abaisse ses paupières (l.3) c’est simultanément à la manière d’une jeune fille chaste et d’une amante en extase. Elle abrite en son sein le cosmos et fond, ensemble, la masturbation stérile et l’acte d’amour fécond.

La vue n’est pas le seul sens sollicité puisque les bruissements de l’amour sont aussi pré-textes à la composition d’une véritable bande originale. Du premier « battement » de cœur, à la fois celui du nouveau-né et de l’amant, à la « cadence » du va-et-vient sensuel, en passant par « l’accord principal », sincère osmose de deux souffles, la scène s’adresse aussi à nos oreilles. Cette poésie « sans un mot » nous rappelle que nous ne voyons pas qu’avec nos yeux.

Si vous êtes comme nous avides de nouvelles expériences textuelles, nous vous invitons à nous retrouver le jeudi 18 février à 19h sur le campus berge du Rhône de l’Université Lumière Lyon 2 pour une nouvelle Veillée Poétique (lien de l’événement).

Céleste Chevrier

usage de la photo annie ernaux

Lumière de Vincent Villanueva

La lumière de tes bas dans la chambre nue si allongée tue l’obscurité
Tu te caresses la clarté de tes doigts danse avec moi
L’ombre de tes cils découpe l’agile visage de son langage nuit sage sans dérapage
Par la fenêtre du matin me vient ce dessin
Un battement d’existence dans l’obscurité matinale
La cadence de l’accord principal
Le soleil de février humide et chaud
Un premier éclair partagé sans un mot

Il apparaît délicat sur la pointe du matelas
La lumière éclaire sans se retourner
La scène éphémère de notre intimité

L’intense de la chair, cet espace de velours
La naissance d’un monde entre le feu de l’amour

Les Boutardises : poème gagnant de la Veillée Poétique du 22 octobre 2015

Oiseaux

Arrivé — enfin ! ne me direz-vous sûrement pas — et sans retard, l’article du poème gagnant de la première veillée poétique de la saison 2015-2016 : Où allons-nous où, de Yve Bressande ! Il a dû, de mémoire, faire l’unanimité auprès de la commission ; il a dû nous percer la gueule au recours du coup d’épiphore qui titre le poème et conclut chaque strophe (sic). Je pensais faire une analyse plus littéraire du texte mais j’ai trop graille de cette chose-là et il me fallait un autre prisme — et je n’en ai pas trouvé. Lors de la veillée, il a commencé par nous dire de ne pas suivre scolairement sur nos reprographies, que la version qu’on avait du poème était déjà tombée et que celle qu’il tenait ne le tarderait sans doute pas. Ça me rappelle des histoires de vitalité du texte littéraire, qu’on pense à tort figé mais qu’on désosse progressivement des marques obscurcies du temps, des censeurs, des manies auctoriales selon les éditions et les époques. Et c’est peut-être la vitalité des sujets du texte qui est à retenir, qui bougent sans crever, jusqu’aux frontières où l’indigence ne s’émeut plus aux coudes de la mort mais de l’espoir, des mêmes milliards de pas collectifs. J’ai finalement le goût de l’analogie forcée : « Quel est le peuple préféré de Wotan bien qu’il soit cruel envers lui ? » Demande le voyageur borgne Wotan en réponse à l’interrogatoire-décompte que lui impose Mime, le nain de la forêt, la sorte de rempart, après qu’il a obtenu le refuge qu’il réclame. La beauté opératique du premier acte de Siegfried — qui écrase sans succès la violence de la rencontre avec l’altérité — racle le poème ; le destin des déracinés, condamnés aux « palabres et marchandages sans fin » pour prouver, encore, que leur statut de déshérités du monde ne menace pas l’ordre agréable du citoyen d’Europe… Enfin. On s’est dit, autour de la table de réunion, qu’il s’agissait d’un bon poème, que le souffle prenait, qu’il réglait le dilemme, qu’on avait notre mule. Et il a pris d’autres atours dans la bouche du poète, c’était peut-être plus beau que sur le papier. La voix, avec le texte, a ce pouvoir. Non ?
En désespoir de prose, voici la version qui déjà, auprès de son auteur, doit être un souvenir d’enfance, à laquelle je fais précéder mes hommages et le respect de la commission des veillées, et qui mérite son bien ouej m’sieur Bressande ! Avec ça…

Alexandre Boutard

Où allons-nous d’Yve Bressande

YvePourquoi ces ruines de toutes parts
Ces rafales qui décapitent
Ces terribles bourdons qui crachent mort et destruction /
Pourquoi ces cris et ces pleurs
Ces paroles définitives
Ce mot – départ – répété jusqu’à bouche sèche /
Pourquoi ce maigre sac posé là
Où allons-nous où
Chemins au milieu des oliviers
Ruelles de notre quartier de notre village
Rues populeuses du souk
Soirées d’été à taper dans ce ballon pelé
Fêtes où nous aimions danser /
Aujourd’hui nous piétinons
Tous se sont réunis
Interminables embrassades
Des gouttes nombreuses nous arrosent
Pourtant le ciel est bleu et sec
Quelle est cette pluie sans nom /
Ce matin ou ce soir nous partirons
Où allons-nous où
Nous suivons et nous sommes suivies
Un pas après l’autre
Vers quel horizon quels nouveaux pays sages (?)
Cent pas mille pas
Plaines montagnes se succèdent
Cailloux sable goudron
Nous blessent nous brûlent
Nous usent trop vite /
À peine parfois une pause
Nous nous détendons quelques minutes
L’eau du ruisseau rougit autour de ses pieds /
C’est reparti
Dix mille pas cent mille pas /
Nous sommes solides et dures à l’épreuve
Un bon artisan nous a fabriqué
Toutes de cuir épais et résistant /
Où allons-nous où
Des mots s’échappent des bouches
Rebondissent et nous rendent plus légères
Europe Liberté Paix Travail
Un autre tombe comme une lourde grille
Frontière
Il nous oblige à des jours de surplace
À des palabres et marchandages sans fin /
Nous en avons déjà traversé plusieurs /
Nous repartons à l’aube naissante
Au creux d’une nuit protectrice
Et toujours la même terre le même soleil
Où allons-nous où
Parfois de nouveau les cris
La peur la panique
Nous courons le plus vite possible
Sans jamais revenir sur nos pas
Avancer coûte que coûte /
Se heurter à de nouveaux mots
Migrants ils disent
Retour ils disent
Papiers ils disent
Bienvenue ils disent
Monnaie ils disent
Monnaie nous savons ce mot universel
Il est vert et précieux
Bien plus utile que le passeport
C’est nous qui le cachons
Petits paquets biens serrés
Enveloppés de soie
Un à gauche un à droite
Où allons-nous où
Berlin Stockholm Calais Londres
Des rêves des histoires
Le soir autour d’un feu de bois
Dans un conteneur surchauffé
Sur ce radeau ballotté par des vagues assassines /
Les mots sont l’essence du voyage
Les grains d’un chapelet d’à venir /
Nous au ras du sol
Nous comptons les pas
Un million de pas dix millions de pas
Où allons-nous où
Nos lacets ont craqué plus d’une fois
Bouts de ficelle ruban adhésif
Nous sommes au bout du rouleau
Rafistolées jusqu’à la corde /
Nous tiendrons
Nous tiendrons cent millions de pas
Mille milliards de pas s’il le faut
Où allons-nous où
Où se termine le voyage
Nous avons vu jeter de la terre sur certaines d’entre nous
Nous en avons vu séparées abandonnées
Mais nous nous tiendrons
Nous irons jusqu’au bout /
Camions bateaux trains taxis autobus
Des mots des mots
Des mots qui nous font avancer
Des mots que nous ne comprenons plus /
Où allons-nous où
Ici l’air est humide et salé
Où sommes-nous où
Ces fils barbelés
Ces uniformes qui nous entourent
Toute cette boue
Est-ce ici la fin du voyage
Était-ce pour cela ces innombrables pas
Était-ce pour cela que /
Nous avons parcouru ces milliers de kilomètres
Nous avons compté cent mille milliards d’étoiles
Nous avons tout donné tout /
Nous arrivons à destination
Il y a destin et nation dans ce mot
Il y a nouvelle vie
Il y a nouveau départ
Il y aura nouvelle langue
Il y aura peut-être un peu encore de la joie /
Nous y sommes où
Toujours inséparables
Nous avons fait la paire /
« Mission accomplie » /
La terre est ronde
Un jour peut-être nous reviendrons
Semelles devants
… semelles de vent…

Les Culs d’Arthur Lebraud : le poème gagnant de la Veillée poétique de novembre

discutiondecul-imgAnd the winner is…. Des culs ! Tout simplement. Si le terme fait écho à de nombreuses représentations dans nos esprits, il devient ici matière à poésie. Poésie qui s’invente et se réinvente autour du corps. Un corps morcelé par le langage poétique, par les mots qui deviennent l’expression directe d’un regard curieux. Ce regard attentif au moindre petit détail s’amuse du spectacle quotidien. Il est entièrement happé par un spectacle d’un grotesque touchant.

En effet, ces morceaux de corps anonymes et étranges provoquent perplexité lorsque l’imagination du poète les met en scène, les anime et leur donne vie. Charmant et innocent spectacle… Mais survient… La Rencontre. Un de ces hasards, de ces moments percutants qui changent tout. Au tour de la langue poétique de venir retranscrire le plaisir des sens… Avec humour s’il-vous-plaît. Quoi de plus naturel alors que de citer le jeune poète Arthur Lebraud. Il nous fait ainsi part de son choix poétique singulier et nous invite à rentrer dans l’intimité du poème. Toute une histoire.

Eh bien oui, des Culs !

À chaque instant, nos actions, nos pensées sont influencées par ces Culs.

Mais qui sont-ils ? Des entités sans nom, sans identité que nous ne connaissons pas mais qui s’imposent à nous indépendamment de notre volonté.

afficheJe crois qu’en réalité ces Culs sont la personnification des quidams insignifiants que nous croisons tous les jours dans la rue, à l’université, dans les salles d’attente des médecins, dans les gares, dans tous les endroits où notre rêverie vient s’adoucir sur une personne choisie qui perd dès lors ce statut de quidam.

Quand nous trouvons le précieux objet de notre attention, se met en place le processus d’imagination. C’est à partir de ce moment que la présence des Culs commence à devenir gênante voire irritante : ils s’immiscent poisseusement dans l’intimité fébrile que nous essayons de créer avec l’être convoité.

Peu à peu cette gêne se transforme en une scabreuse impudence dont nous tentons tant bien que mal de faire abstraction, mais sans y parvenir, car ceux-ci demeurent.

Ce texte est une fiction qui raconte ma curiosité sensuelle pour une jeune femme. Malheureusement, elle n’a pu être épanchée en raison d’une vive altercation avec un Cul ankylosé. J’y suis aussi un peu pour quelque chose, il faut avoir le courage de leur tenir tête et de combattre leur égoïsme et leur égocentrisme jaloux.

Mais il ne faut pas les condamner ! Il est aisé de les comprendre car l’égoïsme et l’égocentrisme sont faciles à comprendre. Lorsque nous devenons le Cul de quelqu’un d’autre, nous trouvons notre volonté légitime, et c’est bien normal puisqu’elle l’est parfaitement !

Cette histoire n’a aucune prétention, à part peut-être celle de vous faire sourire. Et même si elle ne parvient à vous faire sourire à pleines lèvres, j’espère au moins qu’elle vous en fera esquisser l’ombre.

Place au poème

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Les formes concentriques de cuir coloré accueillent contre leur gré n’importe quel cul.

Ils viennent s’y déposer un court instant pour que leurs contours et leur chaleurs éphémères modèlent la matière. Et tout ceci pour la postérité, de peur d’être à jamais oubliés des mémoires. C’est un véritable défilé de postérieurs qui s’offrent à mes yeux éberlués de voir autant de paires de fesses. Qu’ils soient petits ou gros, laids ou beaux, contrits ou détendus, ils n’ont qu’un seul but : marquer leur territoire.

Seulement, assis entre tous ces culs sans visages, j’aperçois un vrai visage, que je regarde et qui m’a regardé. À quelques mètres en face de moi, je peux voir sa chevelure vivante, blonde et ondulée. C’est une cascade d’or liquide qui coule à chacun de ses gestes.

Son nom, peu m’importe, pour l’instant, son visage me suffit. Il n’y a rien de plus apaisant que de contempler une beauté qui ignore tout de nous et dont nous ignorons tout. L’anonymat embellit. Emmitouflé dans mes délicieuses dégustations visuelles, je me demande ce qu’elle dirait si elle savait que j’écris ça sur elle. Ses jambes croisées l’une sur l’autre, sensuellement étreintes, voudraient, je le sais, me botter le cul si elles étaient pourvues de la vue. Il est vrai, même si elle ne le sait, que mon regard est intense et audacieux, mais il pourrait l’être davantage si elle daignait croiser mes yeux…

Dans cette auto-fusion à distance, je ne m’aperçois presque plus de cet écoulement incessant de fesses apprêtées. Il n’y a qu’elle, elle seule que demain, j’aurai sûrement oublié. La mémoire est ingrate. De peur qu’elle ne disparaisse instantanément, je remplissais mes yeux avec ses gestes et ses reflets. Ils enregistraient de plus en plus vite ; au fur et à mesure que je la regardais, mes paupières se fermaient de moins en moins. Je ne savais plus si mes yeux brûlaient à cause de mes paupières ou grâce à cette beauté de sang et de chair. Il fallait désormais que je la voie de plus près, que j’entende sa voix, que je connaisse son nom ; je me lève éperdu, perdu, bouleversé ; d’un pas décidé, j’emprunte le chemin qui mène à elle, la voie qui me conduira jusqu’à sa voix.

J’allais l’atteindre quand brusquement, en un instant, je me fis bousculer par un cul dévergondé ; je titube, m’apprête à enlacer le sol ; à ce moment précis, je les vois tous qui me regardent, tous ces culs qui me regardent. L’adipeuse opulence ainsi matérialisée me foudroie de ses deux grands yeux laiteux, c’est ainsi que je compris que la situation n’était pas adaptée à mon désir hasardeux. Je courbe l’échine, rabats ma vigueur et ma joie, saisis mon manteau, mon chapeau et tous mes trucs, prends la porte, et l’emporte avec moi, vers une terre sans cul, vers une terre sans stress. J’ai senti, sans me retourner que je laissais derrière moi un rêve à peine commencé, une pomme à peine croquée, un atome à peine excité.

Il n’y a pas d’imagination possible, entouré de culs nombrilistes et jaloux, surtout quand ils n’ont à cœur que de briller dans une vie postérieure.

« Vrai Baptême »

gargantua-5bf381Voici le poète gagnant de la dernière veillée poétique du Cercle des Poètes Apparus ! Il s’agit de « Vrai Baptême », écrit par Grégory :

« Il s’avère que dans ma famille les évènements se fêtent en chansons, en textes et en scènettes plus moins improvisées sur le thème du jour. C’est ainsi que j’ai composé mes premières lignes (mariages, anniversaire…)

Ma famille n’est pas religieuse, nous n’avons aucune confession et l’année dernière, pour la première fois, une de mes cousines a fait le choix de baptiser son fils. Fidèle à la tradition familiale, j’ai écrit, pour le jour du baptême, ce petit plaidoyer pour un baptême alternatif plus en lien avec mes croyances terrestres et épicuriennes. »

Le Vrai Baptême

Mon cher petit cousin, adorable angelot,
Divine enluminure, ô souriant marmot !
Nous voici tous en scène à fêter tes un an
À être les témoins de ton adoubement.
Aujourd’hui, ce matin, tu as trouvé la foi
De ce chrême à ton front dans un signe de croix ;
D’une simple aspersion et d’un vent de benjoin
Dans les eaux du Jourdain, minot, tu as rejoint
Les millions de chrétiens, dévots invétérés
Du magicien cabot de plaines de Judée.
Tu as suivi le pas de ses douze copains,
Ces dadais extasiés, prélats de grand chemin
Qui d’un air ébahi, d’un esprit en goguette
Ont escorté la star : Jésus de Nazareth !
Peut-on vraiment blâmer la bande des apôtres ?
Leur époque était bien peu semblable à la nôtre,
Le peuple accumulait assez peu d’intellect
Et il s’extasiait devant la moindre secte.
Mais ils avaient la foi, eux, avaient le talent,
Une voix de tribun et de bons arguments
Et je dois l’avouer, moi aussi, c’est certain
J’aurais suivi un gars qui changeait l’eau en vin.
Mais je suis une bête ignoble, abominable
Et j’ai préféré vivre éloigné de ces fables,
J’ai choisi le plaisir comme unique torture
Pour baigner à coup sûr dans le vice et l’impur.
Je ne suis d’aucun rite, aucune confession
Peu m’importe son acte ou sa profession,
Quand il s’agit de foi moi je l’aime en pâté
Ou poêlé, rissolé, finement relevé
De poivre en déglaçant juste après la cuisson
D’un trait de balsamique et d’un soupçon d’oignon.
*
Si je fais ce discours c’est pour te révéler
La beauté de nos vies, la douce vérité,
Pour de donner ici l’authentique baptême
Celui qu’on peut lâcher dans un simple poème.
Celui qui mange bien, qui cuisine un peu gras,
Celui qui rit, qui chante et qui n’isole pas
Et qui a pour martyrs le doux Saint Marcellin,
Saint Amour, Honoré ou bien Saint Félicien ;
Celui pour qui Jésus n’est pas homme de foi
Mais un saucisson sec sur sa planche de bois.
Voilà, mon cher cousin, mes recommandations
Pour vivre l’existence avec délectation.
Tu vas pouvoir cingler, prendre de la bouteille,
Naviguer plus serein sur ce monde aux merveilles
Et enfin te pencher sur ces grands choix de vie,
Ce dilemme divin : saignant, bleu ou bien cuit.
Cette interrogation, ce merveilleux tourment :
Que vais-je picoler : vin rosé, rouge ou blanc ?
Donc en ma qualité de prêtre improvisé,
Devant vous mes amis, à Nîmes, imbibés,
Je vais prendre l’enfant et user du Costière
Comme d’une eau bénite, un nectar salutaire
Qui déliera les liens que le curé noua
Dans ses airs indolents de modeste prélat,
Cet homme s’éreintant à cracher son latin
Mais qui n’a pu lâcher aucun alexandrin.
Hé voilà mon Pablo, ô bambin gracieux,
Par mes mots te voilà le bienvenu chez eux.
Bientôt tu trouveras la pensée, la parole
Et tu pourras choisir toi-même ta coupole.

« Pour moi la publication n’est pas une priorité, je souhaite privilégier la transmission orale de la poésie en participant à des lectures ou en travaillant sur la mise en scène de mes textes. »

Le 31 mai, à la Triperie, Grégory interprètera son texte « Coqs » (une nouvelle en alexandrins) accompagné par l’électro de Rocambonux :
https://www.facebook.com/events/860158604010956/?fref=ts

Vous pouvez retrouver les poèmes de Grégory, le citadin filiforme, sur facebook :
https://www.facebook.com/pages/Le-citadin-filiforme/294158427299242?fref=ts
Ainsi que sur son site personnel : http://www.lecitadinfiliforme.fr