One-punch man ou le super héros banal

177065On a tous le stéréotype du super héros en tête. Prenons l’exemple de Superman : malgré le fait que son costume ne plaît pas à tout le monde (du fait qu’il porte son sous-vêtement par-dessus ses collants) il reste le sauveur par excellence, venant d’une autre planète et possédant une force surhumaine. Mais tout les super-héros n’ont rien de surnaturel : Batman, pour ne citer que lui, utilise des gadgets pour faire régner la justice. Dans One-Punch Man le héros est un mélange entre Superman et Batman regroupé en un seul personnage nommé Saitama. Une de ses particularités physique est son crâne chauve. On a rien contre les chauves mais il faut bien avouer qu’un super-héros sans cheveux ce n’est pas très commun. On peut éventuellement le comparer au professeur Xavier dans X-Men mais Saitama n’a pas le pouvoir de télépathie, il n’utilise pas son mental mais ses bras.

Mais d’où vient ce manga ? Il trouve son origine sur Internet. En effet, c’est un dénommé One qui publiait les planches de One-Punch Man sur son blog en 2009. Le nombre de visites ayant vite augmenté (dépassant les dix millions), la maison d’édition Shueisha lui a proposé en 2012 à Yusuke Murata de réaliser les dessins du manga. Le premier tome est ainsi paru en 2016. Le public français attendait depuis des années de voir One-Punch Man dans les rayons des librairies. On attend le troisième tome qui ne devrait plus tarder mais si vous êtes impatient de connaître la suite, vous pouvez voir l’animé disponible gratuitement et légalement ici.

L’histoire est assez simple : Saitama, jeune homme sans emploi vivant dans un monde peuplé de créatures qui veulent tuer la population et prendre le pouvoir, décide de s’entraîner pour devenir un super-héros. À force de volonté, Saitama réussi mais en devient chauve. Comme le titre l’indique, il développe un coup de poing qui bat tous les monstres. Il est tellement fort qu’il ne trouve personne à sa hauteur et s’ennuie. Tout pourrait être parfait mais le super-héros n’est reconnu par personne. On lui reproche toujours la destruction des bâtiments mais on ne le remercie jamais d’avoir sauvé l’humanité. Il y a de quoi être frustré !

one-punch-man-1-kurokawaPourtant, un jeune cyborg remarque Saitama et décide de devenir son disciple. Lorsqu’il demande à son maître d’où lui vient une telle force, Saitama lui répond tout naturellement que c’est en faisant 100 pompes, 100 abdos, 100 squats et 10 kilomètres de course à pied chaque jour (à sa sortie, le manga a provoqué un tel engouement chez les lecteurs qu’on a assisté à l’émergence de sites proposant le même entraînement que Seitama). Tout est surnaturel dans le manga sauf l’origine du super pouvoir du héros. Et ça c’est nouveau. Cela dit, l’histoire devient un peu répétitive. On a toujours le même scénario : un méchant arrive, Saitama le tue, personne n’est reconnaissant.

En ce qui concerne le graphisme, les dessins sont simples et efficaces, on comprend facilement ce qui se passe. Une remarque, cependant, sur la tête du héros. N’ayant plus de cheveux le reste de la tête peut être simplifié mais là elle a la forme d’un œuf avec deux yeux, un nez et une bouche et rien d’autre. Le héros doit être le seul personnage qui demande le moins de temps de travail. Et il porte un costume de Superman, le genre de vêtement que portent les enfants quand ils défilent dans la rue le Mardi gras. Mais quand un combat commence, le graphisme du héros prend plus de détails, dégageant un sentiment de force. Quand Saitama est sérieux durant une bataille, son visage change ses traits se durcissent.

Finalement, l’univers du manga est assez ironique, on rigole souvent à la vue de certains personnages. À se demander d’où l’auteur tient une telle imagination. On est loin du shonen de combat classique : les scènes de bataille sont bien présentes mais agrémentées d’une petite touche d’humour qui détend l’atmosphère, c’est assez burlesque. One-Punch Man est à conseiller à tous ceux qui ont en ont marre des mangas qui se prennent trop au sérieux avec des super-héros supérieur intellectuellement et physiquement. Même le plus banal des humains peut surpasser le plus grand des surhumains.

Mégane Richard

Voir également la vidéo de Rufio à ce propos.

Le lecteur de mangas est-il un dangereux psychopathe ?

cowboy-bebopVoilà une question à laquelle il est intéressant de répondre, car si le lecteur de mangas souffre d’une véritable addiction pour ces petites bandes dessinées japonaises (et cela peut aller plus loin, jusqu’à se métamorphoser en personnage de ces BD lors de mystérieuses conventions dédiées à la culture japonaise), il reste toutefois, la plupart du temps, inoffensif. En effet, la lecture de mangas peut déclencher chez lui la création d’un imaginaire dépassant les frontières de notre triste et morne réalité, il se trouve ainsi comme enfermé dans une bulle hermétique où ses rêves d’évasion deviendraient presque palpables. Il n’est donc pas rare de croiser quelques sujets, intimement convaincus qu’ils deviendront un jour des pirates, naviguant avec bravoure sur la route de tous les périls, ou d’intrépides ninjas se battant avec courage pour défendre le village sacré de Konoha.

 

De ce fait, nous pouvons affirmer que la lecture de manga n’est pas sans risques. Mais elle présente aussi de nombreux points positifs.

 

Est-il vrai que lire des mangas accentue la pousse des poils nasaux ?

Mes amis, ne nous laissons pas distraire par de scandaleuses légendes urbaines. Certes, le manga est fréquemment défini comme une lecture illégitime, destiné à une classe d’adolescents déficients, pour qui « la grande Littérature » (terme définitivement discutable) n’est autre qu’une indéchiffrable suite de mots incompréhensibles. Et c’est un grand débat que voilà ! La question de la légitimité de la lecture étant un gouffre dans lequel ni vous ni moi n’avons envie de s’enfoncer, souvenons nous seulement de ce qu’a écrit notre cher Sartre dans son roman autobiographique Les mots : la lecture de romans « divertissants », en plus d’apporter au lecteur du plaisir, un moyen d’évasion, une compagnie, permet de créer chez lui une habitude de lecture qui le formera par la suite en tant que lecteur. Ces lectures, et notamment celles de mangas, sont donc légitimes dans le sens où elles forment à la lecture et constituent un véritable vecteur de développement de l’imagination et du goût.

 

Et il y en a pour tous les goûts !

46_fruits_basketQuelle bonne nouvelle ! Mais, avant de se pencher sur les différents genres que présente le manga, rappelons cependant que sa lecture nécessite un premier apprentissage. Le néophyte se lançant tête baissée dans la lecture d’un manga se cogne généralement au robuste mur – pour nous occidentaux – de la lecture de droite à gauche. Cette première étape constitue le premier pas vers l’acceptation de la particularité, et c’est ainsi que s’ouvre devant vous, devenu depuis peu lecteur ambidextre, une infinité d’ouvrages tous uniques par leurs histoires plus ou moins farfelues, mais pouvant se catégoriser en au moins trois catégories.

 

Amour, passion et petits chatons

Si vous êtes sensible aux histoires à l’eau de rose d’adolescentes en fleur, vous serez probablement attirés par le shōjo manga. Outre le caractère romantique très prononcé de ce genre, il peut s’agir parfois de réels voyages initiatiques, et le lecteur peut alors facilement s’identifier aux protagonistes.Prenons comme exemple le shōjo Fruits Basket de Natsuki Takaya, qui relate en 23 volumes l’histoire de la jeune Tohru Honda. Cette dernière est une lycéenne de 16 ans, orpheline, recueillie par les membres d’une famille maudite qui se transforment chacun en l’un des douze animaux du zodiaque chinois. Au fil de la série, l’adolescente est confrontée à des obstacles qui, derrière des aspects fantastiques, reflètent en vérité les questionnements que tout adolescent peut se poser. Le shōjo a donc une qualité incroyable : celle de créer une véritable catharsis chez le lecteur.

 

Aventures, bagarres et testostérone

46_Juliette_One-PieceSi vous préférez l’action, les combats ou encore les histoires de force et de dépassement de soi, vous serez probablement attirés par le shōnen manga, autrement dit le « manga pour jeune garçon ». Ce genre présente couramment l’histoire d’un jeune héros emplit de rêves et d’ambition, comme le fougueux Monkey D. Luffy, jeune pirate héros de la saga One Piece, qui doit se battre pour obtenir ce qu’il désire le plus au monde : le titre de roi des pirates ! Tout comme One Piece, les shōnen mangas sont souvent porteurs de morales et de principes que les personnages s’approprient au cours de leurs multiples et incessantes aventures. Ainsi, si l’on croit en le rôle de modèles que peuvent avoir ces personnages (notamment chez les jeunes lecteurs), il ne serait pas fou de dire, que, OUI, le manga peut être vu comme une sorte d’apologue qui nous rendrait vertueux ! Et nous voulons y croire.

 

Violence, marre de sang et boobs à foison

Si vous préférez le trash, le gore et le sexe (et non vous n’aurez pas d’illustrations pour cela), penchez-vous alors sur le seinen manga (et ce n’est qu’à peine exagéré). En effet, le seinen manga étant destiné à un public masculin et adulte, il n’est pas inhabituel, lorsque vous entre-ouvrez un livre au hasard dans le rayon seinen d’une librairie, de tomber sur des scènes à caractère sexuel +++ ou sur de véritables boucheries et autres marres de sang. L’excellent Battle Royale (tiré du roman du même nom)de Masayuki Taguchi et Koushun Takami, décrit l’histoire d’une quarantaine d’élèves, dans un pays totalitaire appelé « République de l’Est », envoyés sur une île dans le but de jouer à un « jeu » : s’entre-tuer et ne laisser qu’un seul survivant. Si le roman était déjà poignant, l’apport des images du manga brise l’aspect in-figurable d’un tel scénario, et nous met sous les yeux l’horreur du massacre juvénile. Malheureusement, le Gazettarium n’a pas pu tester pour vous les seinens dit érotiques (pardonnez).

 

Mais il existe bien d’autres sagas qui ont des thèmes plus particuliers. Un exemple, vous êtes fan de rock ? Beck (Harold Sakuishi) saura combler votre désir de rock’n’roll ! Vous n’avez donc plus aucune excuse pour ne pas vous y mettre.

 

Votre nez pisse le sang quand vous apercevez une culotte ?

46_battle_royale_01C’est que vous en avez déjà trop lu ! Les mangas regorgent de codes et de symboles qui leurs sont propres, et c’est à chaque fois un plaisir de les retrouver. L’expression exagérée des sentiments fait partie de ce que l’on retrouve très régulièrement dans un manga, et la retranscription en l’image entraîne de ce fait chez le lecteur une émotion accrue. On remarquera d’ailleurs que l’expression extrême du sentiment est à l’inverse de ce que l’on peut retrouver dans les mœurs japonaises ou dans les films (attendre 2h le baiser pour qu’il n’arrive finalement jamais…). Ainsi, l’écriture et l’illustration du manga se révèlent être de véritables licences pour les auteurs (mangaka), et c’est peut-être pourquoi certains scénarios nous semblent parfois si déjantés.

 

Alors, même s’il faudra attendre encore un peu avant de pouvoir placer les références de nos mangas préférés dans nos dissertations, lisez des mangas, c’est bon pour la santé ! Et s’il y a encore quelques réticents parmi vous, sachez qu’il existe des mangas occidentaux qui se lisent de gauche à droite (Pink Diary – Jenny).

Le lecteur de mangas n’est pas un dangereux psychopathe.

 

Juliette Descubes