Tout part de rien : le poème vainqueur de la première Veillée poétique de la saison 2016/2017 !

Malgré la déprime et la colère provoquées par les événements du 9 novembre 2016, la première Veillée Poétique du Litterarium a été une vraie bouffée d’air et un révélateur de talents puisant toujours dans les maux du monde pour en déclamer des mots mélodieux, lyriques et engagés.

19 textes ont été lus, interprétés et applaudis : pour certains, c’était le grand saut, pour d’autres un rendez-vous mensuel ou annuel agréable et revigorant !

L’auteur

Le gagnant 1-g-t-et-n-b-image-2de cette Veillée est Gyslain Ngueno aux multiples facettes : ingénieur achat dans la recherche et développement, il pimente et embellit sa vie en devenant un expérimenté de la récitation traditionnelle des textes poétiques mais surtout un poète croisant le rap et le slam. Ayant déjà rédigé de nombreuses nouvelles, il se lance aujourd’hui dans son premier roman. Il trouve son inspiration « dans les livres du genre humaniste,  ceux qui donnent des leçons de vie et une manière nouvelle de voir les choses ». La promesse de l’aube de Romain Gary est un de ses piliers littéraires : « il m’a réconcilié avec ma citoyenneté ».  Gyslain  aimerait faire de l’écriture son métier ; à l’instar de  Gauguin ayant affirmé que « Désormais je peins tous les jours ».

Le poème

Son poème a été créé à partir de la vision d’Edgar Morin sur le cosmos. « On est rien,  chaque chose est un éternel recommencement ». Avec ses vers, Gyslain s’exprime non pas à une personne en particulier mais à son prochain : « On est rien jusqu’à ce qu’on commence quelque chose, qu’on existe par les autres.  Il faut prendre conscience de sa petitesse. » Une réflexion qui a évidemment plu à la majorité des votants,  à savoir les jurés,  les membres du Litterarium, les participants et le public ! Sa plume vive, brève et directe a pu montrer l’essence même de la poésie : sa musicalité. La sienne est rapide, agréable et percutante. Un rythme semblable aux passions amoureuses, aux premiers bonheurs qu’on cherche, trouve puis perd brutalement. Être modeste face sa condition d’homme ou de femme tout en s’efforçant de vivre pleinement, voilà ce que ce poème veut transmettre. Il faut être clairvoyant et actif : par le biais de nos erreurs, nos réussites et du hasard de la vie, il est urgent de vivre l’immédiat et le dépassement de soi signifie bien se livrer entièrement pour l’être aimé l’instant présent.

Ses textes sont disponibles dans son premier recueil Souplesses en vente sur  le site internet de Z4 éditions ou dans quelques librairies de Lyon. Et de temps en temps sur le Gazettarium dorénavant !

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Tout part de rien

L’espace, né du vide,

Le temps, du non temps

La matière, du néant.

Tout part de rien,

L’amour, d’un regard,

L’embarras d’un regret,

La haine, d’une aigreur,

Le fruit, d’un labeur.

Tout part de rien,

Alors rien n’est pas nul,

Rien est à la base de laquelle tout s’accumule,

Du rien à l’infiniment grand,

Du tout à l’infiniment fétu,

Il n’y a qu’un pas, deux pas, trois pas.

Ce qu’on fait, ou ce qu’on ne fait pas,

Ce qu’on donne, ou ce qu’on ne donne pas.

Rien hier j’étais, Rien demain je serai,

Mais aujourd’hui je suis.

En attendant, embrasse-moi,

Ta main, donne-la-moi,

Ton amour, je le veux, aime-moi,

Vite mais bien,

Avant qu’il ne reste rien,

Puisque tout part de rien…

 Noémie Bounsavath et Gwendoline Troyano

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