Quand la mode s’invite dans la littérature

« La mode n’est ni morale, ni amorale, mais elle est faite pour remonter le moral. » – Karl Lagerfeld.

En cette période de soldes, on ne peut s’empêcher de parler de l’un des passe-temps préférés des femmes en plus de faire la tête, le shopping. Activité qui consiste à rentrer dans un grand nombre de magasins, généralement de vêtements, et qui se pratique seule ou en groupe. Les femmes qui pratiquent cet exercice savent à quel point il est difficile de résister quand un vêtement qui nous plaît nous fait de l’œil et ce même si notre compte en banque ne nous permet aucun écart de conduite. Et si malheureusement vous craquez malgré cela et que votre armoire est pleine, il est possible que vous soyez une shopaholic : une accro du shopping.

Confessions d’une accro du shopping

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Tout comme Rebecca Bloomwood, l’héroïne de la série de romans Confessions d’une accro du shopping de Sophie Kinsella, vous avez des tonnes de vêtements et une centaine de paires de chaussures. Mais attention à ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle. En effet, Sophie Kinsella nous dépeint, dans sa série à succès Confessions d’une accro du shopping, une jeune femme qui a du mal à résister aux plus grandes marques, c’est une acheteuse compulsive qui possède de nombreuses cartes de crédit et, malheureusement pour elle, ses achats à répétition vont la mettre dans le rouge niveau financier avec un découvert de plus de 9000 dollars. Situation que l’on peut trouver très ironique une fois que l’on sait qu’elle travaille en tant que journaliste pour un magazine économique. Cette jeune héroïne un peu déjantée va connaître un grand nombre de situations cocasses qui arracheront un sourire à plus d’une lectrice. Becky est un personnage auquel on s’attache très vite, même si elle peut paraître un peu superficielle au début, on découvre vite au fil des pages sa vraie personnalité et la vulnérabilité qui se cache derrière son sourire. Les autres personnages, moins développés, n’en sont pas moins attachants ; ils ont leur propre personnalité et permettent ainsi aux lectrices de s’identifier à eux ou de reconnaître en eux un proche, comme ça peut être le cas avec la meilleure amie de Becky : Suze, qui avec sa capacité à aider son amie et son caractère enjoué font qu’on peut facilement retrouver en elle la meilleure amie qu’on a toute depuis le collège et qui est toujours là pour partager des fous-rires avec nous. L’humour très girly présent dans ces livres fait qu’ils sont très faciles à lire, Sophie Kinsella rajoute aussi une pointe d’ironie ce qui donne des livres très drôles et légers, on a la garantie de passer un bon moment de lecture que ce soit dans le train ou vautré dans notre lit.

En 2009, le personnage de Rebecca Bloomwood est porté à l’écran par le réalisateur P.J. Hogan. Même si les livres sont un succès, leur adaptation a connu des critiques assez mitigées, voire parfois négatives. C’est l’actrice Isla Fisher qui joue le rôle principal. L’histoire reprend globalement celle des livres malgré quelques modifications, et grâce à son casting talentueux, reste très agréable à regarder.

Le Diable s’habille en Prada

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Maintenant qu’il a été confirmé que nous étions toutes des accros du shopping, passons à une autre activité que nous aimons tout autant que le shopping : lire des magazines de mode. Nous sommes plus d’une à feuilleter quelques magazines pour s’informer des dernières tendances, que l’on assume ou non, on a toutes à un moment donné de sa vie jeté un œil aux pages remplies de conseils vestimentaires ou de photos de mannequins aussi épaisses que des cure-dents habillés à la dernière mode. Mais qui sont celles et ceux qui travaillent dans ces grands magazines ?

La réponse à cette question peut se trouver dans le roman de l’Américaine Lauren Weisberger, Le Diable s’habille en Prada. Sorti en 2003, ce roman nous raconte l’histoire d’Andrea Sachs, jeune diplômée tout juste sortie de l’université qui se retrouve propulsée dans le magazine de mode Runway lorsqu’elle devient l’assistante de la tyrannique rédactrice en chef Miranda Priestly. Ce roman connaît très vite le succès, surement dû à la ressemblance troublante avec la vie de l’auteur. En effet, Lauren Weisberger a travaillé chez Vogue en tant qu’assistante de la rédactrice en chef Anna Wintour. Cette dernière avait d’ailleurs émis l’hypothèse qu’elle avait inspiré le personnage de Miranda, ce que l’auteur a nié. Ce roman drôle et léger nous plonge dans les coulisses d’un magazine de mode et nous livre une vision assez satirique de la vie de bureau et de New York. Le choix du décor a surement fait rêver plus d’une lectrice et la ressemblance avec le célèbre magazine Vogue est certes apprécié mais cette référence n’est là que pour attiser notre curiosité. Lauren Weisberger nous donne dans ce roman le portrait d’une femme de pouvoir tyrannique et richissime qui se trouve être aussi fascinante qu’énervante. Le personnage de Miranda fait régner la terreur au sein de sa rédaction et on peut d’ailleurs se rendre compte que les autres rédacteurs et rédactrices la détestent et l’admirent sans toutefois l’admettre. Ses caprices, que sa pauvre assistante doit satisfaire, donnent de quoi rire. Le Diable s’habille en Prada est donc sans aucun doute un roman qu’on a plaisir à lire et avec lequel on passe un bon moment.

Le roman à succès de Lauren Weisberger a d’ailleurs eu droit à son adaptation au cinéma en 2006 avec, dans les deux rôles principaux, les actrices Anne Hathaway et Meryl Streep. Grâce notamment à son casting mais aussi par une adaptation fidèle du livre original, le film connaît un grand succès que ce soit au niveau national ou international. Le talent de Meryl Streep n’est d’ailleurs plus à vanter tant il est indéniable ; quant à Anne Hathaway qui débutait tout juste sa carrière au moment du film, elle a connu à la suite de ce film de nombreux autres succès, ce qui fait d’elle l’une des meilleures actrices d’Hollywood.

Le Diable s’habille en Prada a d’ailleurs connu quelques parodies et hommages, notamment avec la célèbre série d’animation Les Simpson qui parodie le film dans l’épisode 5 de la saison 21 intitulé Le diable s’habille en nada ou encore plus récemment avec le rappeur français Soprano qui sort en 2016 une chanson appelée Le diable ne s’habille plus en Prada.

Pour finir, si vous êtes en manque de vêtements mais que vous ne pouvez pas vous le permettre, au lieu d’augmenter la taille de votre découvert en allant quand même faire du shopping, posez-vous plutôt sur votre canapé ou dans votre lit, et prenez un instant pour lire l’un de ces romans, ou regarder leur adaptation. Faites-nous confiance, votre porte-monnaie vous remerciera.

Léonore Boissy

L’émotion de Guillaume Musso

« On la connaît tous, cette solitude qui nous mine parfois. Qui sabote notre sommeil ou pourrit nos petits matins. C’est la tristesse du premier jour d’école. C’est lorsqu’il embrasse une fille plus belle dans la cour du lycée. C’est Orly ou la gare de l’Est à la fin d’un amour. C’est l’enfant qu’on ne fera jamais ensemble. C’est quelquefois moi. C’est quelquefois vous. Mais il suffit parfois d’une rencontre … »

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Guillaume Musso, il y a beaucoup à dire sur cet écrivain français tant aimé dans le monde littéraire. Il commence à écrire alors qu’il n’est encore qu’un étudiant et c’est en 2004, suite à un accident de voiture, que Musso écrit le roman Et après, l’histoire d’un enfant revenu de la mort. Le livre connaîtra un succès tel qu’il sera vendu à plus de deux million d’exemplaires et traduit dans une vingtaine de langues. L’écrivain flirt avec le fantastique, ses personnages sont souvent confrontés au surnaturel, le plus souvent sous forme de flash-back et de voyage dans le temps. Il joue avec le temps et le destin et crée ainsi un suspense digne des plus grands polars. Un suspense mêlé à beaucoup de sentiment ce qui rapproche les lecteurs des personnages. Grâce à son roman Et après, Musso obtient en 2004 et 2005 le prix du meilleur roman adaptable au cinéma en France, et en Italie le prix Scrivere per amor. Ce roman sera d’ailleurs adapté au cinéma sous la direction du producteur et réalisateur Gilles Bourdos.

18999090Par la suite, Guillaume Musso écrira une douzaine de roman entre 2005 et 2016. Il est depuis cinq ans le romancier français le plus lu. L’univers crée par cette auteur nous entraîne toujours plus loin dans l’espace et le temps. Son succès est dû non seulement à cette univers riche en émotion mais aussi à son style unique et à la relation qu’il parvient à crée avec ses lecteurs qui sont de plus en plus nombreux à travers le monde. Car Musso aime raconter des histoires et donner aux gens le plaisir de lire, ses lecteurs sont de tout âge et de tout sexe même si son lectorat est composé en grande partie d’adolescents et de jeunes adultes. Dans une société où de plus en plus de jeunes délaissent la lecture pour les jeux-vidéos Musso arrive encore à toucher et à émouvoir. Ses histoires nous hypnotisent tant qu’on ne peut plus lâcher le livre. Chaque chapitre donne envie de lire le suivant, le découpage de l’histoire nous donne l’impression d’assister à un film. Les personnages que l’on rencontre au fil de notre lecture sont très profonds : Musso travaille beaucoup sur leur biographie pour entrer en empathie avec eux et crée ainsi cette alchimie mystérieuse et cette émotion qui caractérise si bien ces ouvrages. C’est grâce à cela que l’on peut ressentir un certain frisson, un surplus d’émotion en tournant la dernière page de ces romans. Il est surnommé par beaucoup « le roi du suspense », mêlant avec brio l’amour et le suspense dans des romans qui penchent néanmoins de plus en plus vers le thriller tout en restant fidèles à son style. Les critiques jugent favorablement la plupart de ces romans pour leur humour, leur intrigue bien menées ainsi que pour la qualité de leurs chutes toujours inattendues. Sa nomination au rang de Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2012 prouve cette notoriété ainsi que son talent pour l’écriture. Guillaume Musso n’est d’ailleurs pas le seul écrivain de la famille car son petit frère, Valentin Musso, est auteur de roman policier et suit les traces laissées par son aîné.

Pour finir, si vous aimez les romans sentimentaux avec une pointe de suspense et une intrigue bien ficelée et surtout si vous n’avez pas peur de verser quelques larmes c’est que les œuvres de Guillaume Musso sont faites pour vous. Il vous emmènera à travers le temps et l’espace, dans un univers tout droit sorti de son imagination et vous fera réfléchir sur la notion de temps et sur les choix à faire dans la vie.

Léonore Boissy

Les mangas de notre enfance

Dragon-Ball-Super-Anime

« Vieillir c’est se rappeler son enfance »
Thomas Bernhard

Plus on vieillit plus on cherche à se rappeler son enfance. Parlons aujourd’hui d’une chose dont la plupart d’entre-nous se rappellent : Les mangas.

On a tous un manga ou un animé qui a particulièrement marqué notre enfance, la plupart du temps parce qu’il passait à la télé. Il y en avait pour tous les âges, certain pour les petites filles d’autres pour les jeunes garçons, et les sujets traités étaient assez variés.

Les mangas sur le sport

Olive-et-TomLe sport est l’un des nombreux sujets abordés dans les mangas, et on ne peut pas parler de sport sans revenir sur l’un des animés les plus emblématiques : Olive et Tom.

On ne compte plus les heures passées devant la télé à regarder le jeune Oliver Atton s’entraîner et jouer au foot avec ses amis pour espérer plus tard devenir un grand joueur connu. Avec son équipe la Newteam, en compagnie de Thomas Price, les matchs et les victoires ont été aussi nombreux que palpitants. Durant les 128 épisodes que compte l’animé, on a pris plaisir à suivre leurs aventures même si on aurait parfois aimé que cela dur plus longtemps. Aujourd’hui, peu sont ceux qui se rappelle de chaque épisode mais s’il y a bien une chose que l’on a tous retenu c’est le générique. On l’a tous chanté dans sa tête sans pouvoir sans débarrasser !

Moins de sport, place à la fantaisie

Sailor moonPour celles et ceux qui n’étaient pas intéressés par le sport et par tous ces garçons en short qui s’épuisaient à courir après un ballon, il existait des dessins animés tels que Sailor Moon, manga du genre magical girl qui a fait rêver plus d’une petite fille. Cette série débuté en 1992, est encore très connue et appréciée de tous grâce notamment à son personnage principal, la jeune Usagi Tsukino. Adolescente maladroite et pleurnicharde dans les premières saisons, elle se révèle une guerrière aux pouvoirs magiques combattant le mal au nom de l’amour et la justice, et est rejointe par de nombreuses alliées, chacune correspondant à une planète du système solaire. Pendant plus de 200 épisodes, des milliers de filles du monde entier vont apprendre à connaître Tsukino, Ami Mizuno ou encore Rei Hino et pourront choisir leur Sailor préférée. Car oui, il y avait neuf Sailor guerrière pour que chaque jeune téléspectatrice puissent choisir laquelle elle voulait être, et on sait toutes que dans les cours de récrée ça se chamaillait pour savoir laquelle serait Sailor Moon et pourvoir dire ainsi cette phrase culte : « Je suis Sailor Moon, et je me bats pour la défense de l’ordre et de la justice ! » Ou encore « Pouvoir du Prisme lunaire, transforme-moi ! »

Mais quand on était lassée par Sailor Moon et ses chats, on pouvait se rabattre sur Nikki Larson, Les Chevaliers du Zodiaque ou Détective Conan car, que l’on soit une fille ou un garçon, ces animé nous faisait tous rire et nous mettaient des étoiles dans les yeux.

Finissons en baston

Pour ceux qui étaient plus tentés par les arts martiaux et les petits bonhommes verts, Dragon Ball était la série idéale. On pouvait y croiser Sen Goku, un garçon un peu naïf doté d’une force extraordinaire ou encore Vegeta le prince des Saiyens. La quête des sept boules de cristal légendaire va amener le jeune Goku à suivre un apprentissage avec des maîtres comme Kamé Sennin ou Maître Kairin et à participer à de nombreux championnats du monde d’art martiaux. Il apprendra au cours de ses aventures à maîtriser la fameux : Kamé Hamé Ha, une technique inventé par Kamé Sennin qui consiste à se concentrer de façon à augmenter sa force pour ensuite projeter une vague d’énergie avec ses mains. Plus jeunes, on aurait tous aimé tester cette technique sur nos professeurs à l’école lorsqu’ils nous annonçaient un contrôle.

one_pieceMais Sen Goku n’étais pas le seul à posséder des pouvoirs que l’on rêvait d’avoir. Le fameux Luffy au chapeau de paille du manga One Piece était assez fort pour rivaliser. Depuis l’année 1999, nous pouvons suivre Luffy et ses compagnons hauts en couleurs dans leurs aventures à la recherche du One Piece, le trésor que Gol D. Roger le roi des pirates a caché quelque part sur grand line. Enfin un animé que tout le monde pouvait regarder, filles comme garçons. Chaque personnage avait son propre caractère et les jeunes femmes de ce shonen plein de combat n’avaient rien à envier aux hommes. De plus, comparé à Dragon Ball dont les suites n’enchantent guère les fans les plus anciens, One Piece continue à perdurer et a su s’implanter fortement chez les nouvelles générations. Avec 80 volumes actuellement sortis et plus de 730 épisodes animés, One Piece est bien partit pour durer encore longtemps. Le Gum Gum de Luffy est devenu incontournable tout comme les saignements de nez de Sanji devant des jolies filles.

Les mangas qui ont marqués notre enfance sont trop nombreux pour tous les citer. Chaque personne a ses préférences mais heureusement grâce à Internet il nous est toujours possible de regarder nos coups de cœur de l’époque, encore et encore.

Léonore Boissy

Des armes contre la censure : Library Wars

Dans les Satires, Juvénal nous dit : « La censure épargne les corbeaux et s’acharne sur les colombes. » En effet, la censure est une limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun.

librar11Alors imaginez : nous sommes en 2019 dans un Japon en plein conflit. Le gouvernement exerce une censure abusive sur les médias mais les bibliothèques résistent et constituent le seul rempart de la liberté d’expression. Un combat s’engage donc entre les bibliothèques, aidées de leurs propre armée, et un gouvernement qui n’hésite pas à tuer pour faire régner sa loi. Dans le manga japonais Library Wars de Kiiro Yumi, cette situation est devenue une réalité pour tous les habitants du Japon. Le gouvernement à crée la Loi d’amélioration des médias et imposé un Comité d’amélioration desdits médias chargés de sélectionner et de confisquer toutes les publications considérées comme dangereuses et ayant une influence négative sur la population. Une censure légalisée en somme. Mais le gouvernement se heurte aux directeurs des bibliothèques qui s’allient et parviennent à faire voter la Loi de sauvegarde des bibliothèques permettant de créer le Corps des bibliothèques, une organisation paramilitaire qui dispose d’une légitimé officielle contre le Comité d’amélioration des médias. La guerre des bibliothèques commence.

Dans ce manga, l’auteur dénonce les atteintes à la liberté d’expression mais aussi à la liberté d’opinion. Il nous amène à nous interroger sur la façon et les moyens à utiliser pour défendre ces libertés. Bien que les personnages de l’histoire soient organisés en faction paramilitaire et prennent les armes, ils évitent au maximum de s’en servir, privilégiant les approches juridiques et politiques. Si la liberté d’expression vaut qu’on se batte pour elle, l’utilisation des armes ne doit se faire qu’en ultime recours. Mais, en dépit du sérieux du sujet traité, l’auteur utilise un ton humoristique, voire satirique, car au-delà de la situation dans laquelle se trouvent les bibliothèques, ce manga nous raconte surtout la vie d’Iku Kasahara une jeune femme une peu naïve et impulsive qui va souvent subir les remontrances de son supérieur et instructeur, le lieutenant Dojo.

2015-JFF-Film-Library-Wars-The-Last-Mission-1-900x500Depuis qu’elle est au lycée, Iku souhaite rejoindre le corps des bibliothèques afin de suivre les traces d’un homme mystérieux qui lui a permis de sortir indemne d’une confrontation avec des agents d’amélioration des médias. C’est en le cachant à ses parents qu’elle parvient enfin à ses fins et devient par la suite, grâce à ses incroyable capacités physiques, la première à entrer dans le GIB (la brigade d’élite du corps des bibliothèques). Au sein de cette organisation, cette jeune femme va apprendre à se dépasser aussi bien physiquement que moralement car ses sentiments et sa force mentale seront mis à rude épreuve lors de sa formation. Les épreuves seront nombreuses mais elle saura les affronter grâce à une équipe d’amis haut en couleurs composé bien entendu du lieutenant Dojo, un sadique au cœur tendre, du lieutenant Komaki, meilleur ami de Dojo et son exact opposé, l’agent Tezuka, un des meilleurs élément de l’équipe, Shibasaki, sa meilleure amie, et du commandant du Corps des bibliothèque, Genda.

Le manga a eu un telle succès au Japon qu’une adaptation en film est sortie le 27 avril 2013, une suite est sortie deux ans plus tard le 5 novembre 2015. Il a même obtenu le prix Seiun du meilleur roman japonais de science-fiction en 2008.

Pour conclure, il serait intéressant de préciser que ce manga est un très bon mélange de shojo (manga pour fille) et de shonen (manga pour garçon) qui ne décevra personne tant au niveau de l’histoire que de l’action et pour celles et ceux qui auraient du mal à lire à la façon japonaise (de droite à gauche), une adaptation en animé est disponible en plus du film.

Léonore Boissy

D.U.F.F ou la lutte sociale adolescente

« Tu sais, c’est scientifiquement prouvé : dans un groupe, il y a toujours un maillon faible. La fille brave. Le boulet. La DUFF : dodue utile et franchement fade ». Mais comment savoir si cette DUFF c’est nous ? Question toute simple dont la réponse est parfois dur à attendre.

51agn4+LRPL._SX323_BO1,204,203,200_Dans le roman de Kody Keplinger intitulé intelligemment DUFF, Bianca Piper, dix-sept ans, l’héroïne va être confrontée à la dur réalité d’être l’amie dodue, utile, mais franchement fade. En effet, Bianca n’est pas la fille la plus jolie ni la plus populaire du lycée mais elle est maligne, a un esprit mordant et un grand sens de l’humour. Sauf qu’en apprenant par le garçon qu’elle déteste qu’elle est la DUFF de ses amies, elle décide de sortir de l’ombre : la révolution contre les impitoyables règles sociales du lycée commence !

Le titre du livre est assez révélateur du thème abordé (l’estime de soi) : l’histoire se déroule pendant la période du lycée, le moment de notre vie où l’on se cherche – et se forge – une identité. Pour beaucoup, le lycée correspond à trois années de conneries entre potes ou de délire entre filles ; mais pour d’autres cela ramène à une période sombre, difficile à vivre, qu’ils arpentaient à reculons. Ainsi, Bianca vie une période assez dur, devant gérer ses cours, son problème de DUFF et surtout le divorce de ses parents transformant la vision qu’elle a de son père. Pourtant, elle ne perd pas pied, cherchant de quoi se changer les idées et briser ces étouffantes règles sociales.

L’auteur parvient facilement à nous plonger dans cette histoire qui pourrait être la nôtre. Son style est fluide et bien écrit, la façon avec laquelle il a su montrer l’évolution des sentiments des personnages sans trop en faire est appréciable. Les personnages sont attachants, chacun avec son caractère propre, leurs relations sont réalistes, sans compter avec l’humour, les flirts, les coups de gueules … Le livre se lit d’une traite.

Une adaptation déroutante

the-duff-bande-annonce-trailer-mae-whitmanUn film adapté du livre est sortie en 2015 mais même si le titre reste le même, l’histoire n’a pas beaucoup de point commun avec le roman.

Dans ce film, on retrouve bien sûr les mêmes personnages mais l’histoire est plus axée sur la recherche identitaire. Le réalisateur Ari Sandel a reprit beaucoup de sujets polémiques comme l’utilisation abusive des réseaux sociaux par les jeunes (Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram…) ainsi que les conséquences de publications visant à humilier les autres peuvent avoir sur les personnes qui les subissent. Le cyber harcèlement est un sujet sensible pour tout le monde. En revanche, les problèmes que pouvait avoir Bianca dans le livre avec son père son dans le film inexistant : le personnage paternel n’est plus présent, remplacé par une mère dynamique qui a su remonter la pente de son divorce.

Beaucoup de choix scénaristique peuvent déplaire à celles et ceux qui ont lu le livre. Cependant, même si ce film est un exemple parfait de Teen-movie (des acteurs plus âgés que leurs rôles…) les jeux d’acteurs et l’humour très bien dosé fonctionnent parfaitement.

Au final, que l’on lise le livre, que l’on regarde le film ou que l’on fasse les deux on ne peut pas s’arrêter avant la fin et on finit bien sûr avec un sourire jusqu’aux oreilles et l’envie de recommencer.

Léonore Boissy

Une histoire hors du temps

Que feriez-vous si un jour vous étiez capable de voyager dans le temps mais que vous ne pouviez avoir aucun contrôle sur ce don ?

ABC-Making-Time-Traveler-Wife-SeriesC’est l’histoire que vit le héros du film Hors du temps (The Time Traveler’s Wife), adaptation cinématographique du roman Le temps n’est rien d’Audrey Niffenegger, et réaliser par Robert Schwentke. Ce film nous raconte l’histoire d’Henry DeTamble (Éric Bana) et de Claire Abshire (Rachel McAdams) qui entament une relation amoureuse perturbée par la capacité du premier qui, grâce à certains gènes, peut voyager dans le temps. En effet, Henry n’a aucun contrôle sur ce qui lui arrive et est ainsi envoyé dans le temps pour quelques minutes ou parfois quelques jours et toujours dans des endroits qui ont un lien avec un moment ou une personne de sa vie. C’est ainsi qu’il rencontre plusieurs fois sa futur femme dans différent moment de son passé et qu’il s’observe lui-même dans certaines étapes de sa propre vie.

Claire, elle, tombe amoureuse d’Henry à l’âge de six ans, lorsqu’ils se rencontrent pour la première fois dans une prairie où elle allait jouer. Elle sait depuis le premier jour qu’ils sont fait l’un pour l’autre et essaiera, après leur mariage, de faire sa vie avec celui qu’elle aime par-dessus tout malgré les voyage répété d’Henry et le doute permanent qui plane entre eux : Va-t-il revenir en vie de son dernier voyage ?

Au fur et à mesure de leur relation d’autres questions vont venir perturber leur couple : Est-il possible d’avoir une famille ? Et si oui, l’enfant aura-t-il les mêmes capacités que son père ? Ces questions rythment leur vie en permanence et seul Henry peut obtenir les réponses. Il les aura mais fera le choix de ne rien dire à Claire pour ne pas la perdre.

Au générique du film, on peut avoir apparaître le nom de Brad Pitt. En effet, l’acteur avait acheté les droits d’adaptation du roman avant même sa sortie en librairie. Ce film a donc été produit par l’intermédiaire de sa boîte de production Plan B Entertainment en association avec New Line Cinema. Et c’est le célèbre scénariste Bruce Joel Rubin (célèbre notamment pour avoir remporté l’oscar du meilleur scénario pour le film romantique Ghost) qui est appelé par les producteurs.

originalEt petite anecdote, pour les besoins du film une séquence supplémentaire a dû être tournée bien après la fin officielle de tournage, il s’agissait d’une scène qui concernait Éric Banna et Rachel McAdams. Mais ce premier avait entre-temps dû se raser les cheveux pour interpréter Nero dans le film Star Trek. L’équipe de tournage a donc été dans l’obligation d’attendre que les cheveux de l’acteur repoussent ainsi que la saison qui conviendrait au tournage des plans additionnels. C’est pour cela que la sortie du film initialement prévue en 2008 a été repoussée jusqu’à l’été 2009.

En conclusion, ce film tout en sensibilité et en émotion met en scène une très belle et émouvante histoire d’amour qui vaut la peine d’être vu. On se croit facilement à l’alchimie que dégage ce couple en lutte permanente contre tout ce qui essaye de les séparer. On espère avec eux, on désespère avec eux, et durant toute la durée du film, on se demande si ce bel amour impossible va finalement réussir à s’épanouir pleinement, s’ils arriveront enfin à vivre ensemble de la manière dont ils le désirent, normalement, sans contraintes ni départs précipités. Ce drame très poétique ravira les fleurs bleues en quête de belles histoires d’amours.

Léonore Boissy

Au cœur de la légende arthurienne

guenievre-lancelotAu diable les écrits trop classique, nous préférons vous parler de Fantastique. Nous allons donc vous présenter une œuvre qui regroupe trois histoires que certain connaissent peut-être déjà par cœur : les Chroniques du Graal d’Anne-Marie Cadot-Colin. Nous retrouvons certains des plus illustre chevaliers de la Table ronde tel que Lancelot du lac, Perceval et Yvain le chevalier au lion. Le Premier récit est l’adaptation d’un roman en prose dont l’auteur est anonyme. Quant aux deux autres, il s’agit bien sûr des écrits de Chrétien de Troyes. Tout au long des pages, l’on croise le chemin de la reine Guenièvre, l’amante du chevalier Lancelot et épouse du grand roi Arthur, de Gauvain et de ses frères, neveux du roi, de la fée Morgane, de la belle Dame du lac ou bien sûr du sorcier Merlin sans qui tout cette histoire n’existerait pas, ainsi que de tout un panel de chevaliers, rois et personnages en proie à quelques maléfices et malédictions en tout genre. Mais c’est Lancelot qui aura ici toute notre attention.

Lancelot est sans doute le chevalier le plus connu après Arthur. Fils du roi Ban de Bénoïc, il a été élevé par la Dame du Lac dans des conditions qui étaient loin d’être désagréables. Après avoir appris durant toute son enfance à se battre, à monter à cheval et à développer toute sorte de talent et de qualité tel que la galanterie (dont la grande majorité des hommes d’aujourd’hui sont dépourvus), il part pour Camelot (aussi appelé Camaloth ou Camaaloth selon les versions) pour devenir chevalier et servir le roi Arthur. Une fois adoubé, il croise le regard de celle qui deviendra son amante, la reine Guenièvre, illustrant par là même la célèbre tirade de Corneille : « À qui sait bien aimer il n’est rien d’impossible. » En effet, pour l’amour de sa reine Lancelot se lance dans plus d’une aventure dangereuse comme la quête du château de la douloureuse garde où il lui fallut vaincre plus de quarante hommes en une nuit, ce qui lui vaudra le surnom de meilleur chevalier au monde.

lancelot1Toujours pour l’honneur et l’amour de Guenièvre, Lancelot endure les pires souffrances et humiliations : ainsi le jour où il dû monter à l’arrière d’une charrette ce qui était le pire des déshonneurs pour une personne de son rang. Ce vaillant homme rencontra sur son chemin beaucoup d’amis mais aussi des ennemis qui, par leurs combats, lui permit de progresser et de devenir celui que tous aimait et admirait. Mais comme beaucoup d’histoires d’amour, celle qu’il vivait avec sa dame finit de façon malheureuse. Guenièvre ne pouvant être avec lui choisi de vivre une vie sainte et pieuse dans un monastère pour racheter ses péchés suite à la mort du roi. De son côté, Lancelot partit vivre en ermite pour servir Dieu durant le temps qu’il lui restait à vivre. Lorsqu’il mourut, son corps fut transporté dans la tombe où reposait son compagnon et meilleur ami. Cet homme qui avait durant sa vie déjoué plus d’une malédiction et mit fin à plus d’un maléfice, cet homme dont on avait chanté les louanges dans plus d’un pays finit sa vie simplement, dénué et sans la femme qu’il aimait. Sa dévotion à la reine est le symbole de ce que l’on appelle l’amour courtois.

Léonore Boissy