The Mortal Instruments

« Tu dois savoir une chose. Toutes ces histoires sont vraies. Tout ce que tu as entendu dire en matière de monstres, de cauchemars et de légendes murmurées autour d’un feu de camps. Tout est réel. Réel et terrifiant. » (Extrait du premier tome)

la-cite-des-tenebres,-tome-1---la-coupe-mortelle-4412172-250-400En mars 2007 la romancière Cassandra Clare fait paraître le premier opus de la saga The Mortal Instrument, le premier livre d’une trilogie passionnante faisant partie de la franchise Les Chroniques des chasseurs d’ombres qui contient, en plus de cette saga, quatre autres séries toutes dédiées à l’univers sombre et inquiétant des chasseurs d’ombres.

Cette première série originellement intitulée La cité des ténèbres nous plonge dans le quotidien des chasseurs d’ombres, des guerriers mi- ange mi- humains créés grâce au sang de l’ange Raziel qu’il versa dans la coupe mortelle. Assez puissants pour rétablir l’équilibre des forces, ils protègent à jamais l’humanité dans la guerre contre le mal. Une guerre éternelle à laquelle il est impossible d’échapper. Mais une jeune adolescente de New York, Clarissa « Clary » Fray se retrouve propulsée malgré elle dans cette guerre opposant les chasseurs d’ombres aux démons et autres créatures obscurs, à la suite de l’enlèvement de sa mère. Dès lors, les événements s’enchaîne, les combats n’en finissent pas et les découvertes sur son passé et celui de sa mère seront de plus en plus surprenantes. Accompagnée de trois chasseurs d’ombres bien entraînés – Jace, Alec et Isabelle ainsi que de son meilleur ami Simon – la jeune fille va s’aventurer de plus en plus loin dans ce monde désormais le sien, devenant elle aussi un chasseur d’ombres.

L’univers de cette série s’inscrit dans le monde réel, principalement aux États-Unis où des créatures comme les vampires, les loups garous ou encore les sorciers cohabitent avec les humains sans que ces derniers en aient conscience. The Mortal Instrument a connu un très grand succès dans le monde entier. Cassandra Clare a d’ailleurs reçu le Goodreads Choice Awards du meilleur livre de fantasy et de science-fiction pour jeunes adultes. Cette série qui contient six tomes sortis entre 2007 et 2014, nous amène toujours plus loin dans un monde sombre au côté de personnages auxquelles on s’attache très vite, chaque protagoniste voit sa propre histoire révéler petit à petit au fil des tomes.

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Une adaptation cinématographique qui a déçu plus d’un fan

En 2013, la série a été pour la toute première fois adaptée en film sous le titre The Mortal Instrument : la cité des ténèbres, réaliser par Harald Zwart (Karaté Kid) et ayant pour acteurs principaux Lily Collins et Jamie Campbell Bower. Le film semblait prometteur. Il était l’adaptation du tout premier tome de la série et racontait donc le début de Clary chez les chasseurs d’ombres. Mais, malgré le fait qu’il ait été récompensé du prix Écrans canadien 2014 dans les catégories Meilleur effets visuels, Meilleurs maquillages, Meilleur son d’ensemble et Meilleur montage sonore, le film fut un échec total. Lourdement critiqué par les fans ayant lu et appréciés la série, le film n’a récolté que 73 millions de dollars de recettes, ce qui est très peu quand on sait que le budget initialement prévu pour le tournage était de 60 millions de dollars. Suite aux critiques négatives et à l’échec du film au box-office mondial, l’adaptation du second tome de la série, qui avait pourtant été annoncé par les producteurs, a finalement été annulée. Les acteurs, notamment Lily Collins, ont exprimés leur déception suite à l’accueil du film par les spectateurs : l’actrice qui reprenait le rôle de Clary était elle-même une grande fan des livres écrit pas Cassandra Clare.

Une adaptation en série télévisé prometteuse

shadowhunters-poster-group-600x405La déception engendrée par le film n’a heureusement pas découragé Ed Decter, scénariste, producteur et réalisateur américain qui a choisi de réaliser et de produire la série télévisé adaptée de la série littéraire La cité des ténèbres. On peut donc voir, depuis janvier 2016, sur Netflix cette série qui n’est en rien une suite au film mais bien un reboot. L’histoire se veut assez près des livres mais offre quand même quelques nouveautés en intégrant quelques éléments des autres livres de la franchise Les Chroniques des chasseurs d’ombres. La première saison a reçu des critiques mitigées, ce qui n’a pas empêché la production de la deuxième saison prévu pour début 2017. De plus, cette série nous offre la possibilité de découvrir des acteurs inconnu ou peu connu du grand public plutôt prometteurs, même si au fil des épisodes nous avons la bonne surprise de redécouvrir le talent d’acteur d’Harry Shum Jr, acteur et danseur américain connu notamment pour son rôle de Mike Chang dans la série à succès Glee.

Que vous soyez fan des livres ou non, cette série est accessible et facile à comprendre car tout cet univers est très bien présenté aux spectateurs qui n’a donc aucun mal à suivre le déroulement des événements. Que ce soit en livre ou en série télévisé, l’œuvre crée par Cassandra Clare ne décevra personne. Il est donc fortement conseillé aux fans de roman fantastique ou aux simples curieux de se plonger dans cet univers où chasseurs d’ombres et démons se font la guerre juste sous notre nez.

Léonore Boissy

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La Grande course de Flanagan, de Tom McNab

L’année débute avec son lot de bonnes résolutions. En première place du top, l’éternelle résolution post-fêtes à retrouver la ligne avant l’été. Combien d’entre-nous ont repris le chemin de la salle de sport et rechaussé ses vieilles baskets ? Combien resterons fidèles à cette courageuse décision ? Bien peu, hélas… Mais pour ceux qui auraient simplement besoin d’un petit regain de motivation, pour ceux qui préfèrent les marathons littéraires à la course à pieds, voici votre chance : 630 pages (édition J’AI LU) à parcourir, un voyage de 5 063 km à travers les États-Unis des années 1929. Cadence rythmée exigée.

Un voyage de 5 0063 km à travers les États-Unis des années 1929

course5 063km en trois mois, à raison de 80 km par jour, de Los Angeles à New-York, c’est le défi fou lancé par Charles C. Flanagan, sorte d’homme d’affaire opportuniste et audacieux. Plus de 2000 participants venus des quatre coins de la planète se réunissent sur la ligne de départ. Des hommes, de 17 à 70 ans, expérimentés ou débutants, issus pour la plupart des classes sociales les plus basses, tentent leur chance dans l’espoir de repartir avec la centaine de milliers de dollars promis à l’arrivée. Pour beaucoup cette course est leur unique et dernière chance de survivre à cette période de crise. Des hommes, mais aussi des femmes (cent vingt et une pour être précis) qui devront souffrir des remarques sexistes des organisateurs, des participants et des journalistes. Des athlètes pleins de rêves donc, qui croient s’affronter les uns les autres avant de recevoir, étapes après étapes, de grandes leçons sur le sport qui leur apprendront que chacun n’est mis en compétition qu’avec deux choses : soi-même et la nature qui freinera souvent leur avancée à travers les États-Unis.

600 pages pour parlez de pauvres gars en train de courir, n’est-ce pas un peu trop ?

Un peu long et répétitif ? Queneni ! Tom McNab a signé avec la publication de ce livre celle d’un véritable best-seller traduit en une quinzaine de langues. Cette course retrace les destins croisés des participants. Leurs luttes, leurs doutes sont ponctués d’aventures aux tonalités burlesques. Dès le départ de la course, le scepticisme des journalistes est manifeste, notamment celui d’un certain Carl Liebnitz qui doute très sérieusement des « aptitudes [de Flanagan] à mener une entreprise aussi complexe » qu’il décrit comme un assemblage « hétéroclite » comprenant « certains des meilleurs coureurs de fond du monde, […] un fakir hindou, seize aveugles, trois manchots, vingt grands-pères, [ainsi que ] soixante et un végétariens ». Un scepticisme partagé par les scientifiques peu convaincus à l’idée que des hommes, qui plus est des hommes pauvres et sous alimentés, puissent parcourir une si grande distance. Cette course manque de crédit aux yeux des individus « sérieux » en raison de la mise en scène quelque peu douteuse de Flanagan qui cru bon de joindre à ses coureurs un cirque composé de « Mme La Zonga, de Fritz l’âne parlant, d’une équipe de base-ball composée de chimpanzés » ainsi qu’un groupe de nains montés sur des poneys…

De magouilles en rebondissement, un scénario hollywoodien

marathonEnfin, si Flanagan respire la magouille (un parcours personnel des plus intrigants, une affection particulière pour les jeux d’argent et le whisky) il ne représente pas la plus grande figure de la corruption présente dans l’ouvrage. Puis, non contents de voir leur route mue en véritable parcours du combattant due à l’intervention de personnalités haut placées et bien décidées à faire arrêter la course, les athlètes devront composer avec la présence du FBI et du truand Al Capone sur leur talons.

Pourtant, en dépit de l’ambiance de foire de cette fabuleuse ménagerie, ne doutez pas de trouver dans ces pages les plus beaux témoignages d’esprit sportif ainsi que de grandes histoires d’amitié. Ce livre est, malgré sa longueur qui pourrait essouffler les meilleurs lecteurs, une véritable bouffée d’air frais, une ode à l’espoir, à l’effort, à l’humilité et à l’entraide. Des valeurs qui, par les temps que nous traversons méritent d’être soulignées. C’est donc avec un sens du rythme digne du film Gatsby le Magnifique que l’écrivain Tom McNab nous propulse à travers l’espace et le temps pour nous guider sur le tortueux parcours qui pour des raisons profondes nous poussent, non à lire, à avaler les pages comme d’autres qui courent et avalent les kilomètres.

Céleste Chevrier

Joseph Cornell et les surréalistes à Lyon

Paris, New-York, Lyon

7_Johanna_Joseph cornellÀ l’heure où le centre Pompidou propose une approche thématique du mouvement surréaliste (Le surréalisme et l’objet), le Musée des Beaux-Arts de Lyon a choisi une entrée plus originale, en centrant l’exposition sur ce qui peut être considéré comme l’âge d’or du surréalisme (la période 1930-1950) et sur un artiste et sculpteur américain méconnu en France, Joseph Cornell.  Cela faisait trente ans qu’aucune exposition n’avait été consacrée à cet artiste en France et il a fallu six ans pour la concrétiser. Sur deux niveaux sont rassemblées plus de deux cent œuvres de Joseph Cornell et d’autres artistes surréalistes, souvent issues de collections privées.

Si le substantif « surréalisme » fait sa première apparition en 1917 sous la plume d’Apollinaire, qui qualifie ainsi son drame Les mamelles de Tirésias, et que le terme reçoit une première définition avec la parution du Manifeste du surréalisme d’André Breton en 1924, le mouvement prend vite une dimension internationale. Les principaux groupes d’artistes surréalistes prennent forment à Paris, Londres et New-York. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, nombreux sont ceux qui trouvent refuge aux États-Unis. La communauté artistique new-yorkaise, en particulier, devient un repère d’artistes surréalistes qui apportent à l’art américain leurs idées sur l’inconscient et l’imaginaire.

La première salle de l’exposition rassemble des photographies de Man Ray, qui fit des portraits de tous les acteurs importants du mouvement surréaliste à New-York. Nous sommes au début des années 1930. Lee Miller, Luis Bunuel ou encore Marcel Duchamp vous observent. Au centre de la salle, un mur courbe rappelle la disposition, originale pour l’époque, de la galerie de Julien Lévy à New-York, l’un des premiers à avoir exposé les surréalistes. On peut observer la première estampe de Joseph Cornell : datant de 1931, ce collage représente un voilier d’où sort un chou-fleur, au cœur duquel une araignée déploie sa toile. Joseph Cornell, né en 1903 dans l’État de New-York, se veut indépendant, mais il est fortement influencé par les collages de Max Ernst qu’il découvre en 1931 dans la galerie de Julien Lévy. Des collages de la série « La femme 100 têtes » de Max Ernst sont placés en regard. Ici se ressent l’ambition de provoquer la « rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection », comme l’avait suggéré Isidore Ducasse. Mais si la collection de collages se révèle réjouissante, ce n’est pas encore sous cette forme que va se déployer toute la créativité de Joseph Cornell.

Où l’on apprend qu’il est question de boîtes

Boite 1Elles ont fait sa réputation : les œuvres les plus caractéristiques de Joseph Cornell sont des boîtes. Plus précisément, il s’agit d’assemblages, généralement recouverts d’une plaque vitrée, et fabriqués à partir d’objets trouvés. De toutes formes et de toutes dimensions, elles abritent toutes sortes d’objets anodins, tels des coquillages, des fils de fer, des pipes, du sable, de vieilles photographies, des morceaux de papier… Certaines ressemblent à d’émouvantes petites boîtes à souvenirs d’enfants, d’autres évoquent plutôt les cabinets de curiosité du XIXe siècle et quelques-unes, imposantes, recèlent d’objets dignes de se retrouver chez un antiquaire, qui leurs donnent un aspect encyclopédique.  Il en va ainsi de la boîte « Museum », qui recueille des boîtes rondes plus petites, recouvertes de papier imprimé, dont certaines s’ouvrent et d’autres non.

Certaines boîtes, en effet, étaient à l’origine destinées à être interactives, le visiteur pouvant, par exemple, en faire tourner une pour déplacer le sable contenu à l’intérieur, qui se répandait alors sur les autres objets fixés. D’autres  émettaient des sons : Bel écho gruyère, cocasse « boîte à meuh », produisait un meuglement de vache quand on la retournait. D’autres encore pouvaient s’ouvrir et dévoiler leurs trésors, ou être secouées pour produire des sons différents. Des vidéos permettent aux visiteurs de l’exposition de comprendre le « fonctionnement » de telles boîtes. Si elles ressemblent parfois à des jouets, c’est parce que Cornell était très sensible aux possibilités d’imagination que le jeu est capable d’éveiller en nous.

Cette forme artistique à mi-chemin entre la sculpture et la récupération se prête parfaitement à la rêverie surréaliste : ces créations séduisent par la poésie qui émane de la juxtapositions d’objets divers, évocateurs, souvent désuets ou sans valeur, mais qui nous parlent, comme d’énigmatiques souvenirs. Toutes dégagent une atmosphère de secret et d’intimité : ce sont de « petits théâtres de l’intime », comme le souligne la vidéo de présentation de l’exposition. On y décèle la fascination de Cornell pour la langue française, les oiseaux, l’astronomie ou la poésie, car l’artiste conservait des images en rapport avec ses sujets de prédilection, pour les réutiliser – aucun assemblage n’étant effectué au hasard.

La relation des mots aux images est sensible tout au long de l’exposition. Les titres des œuvres surréalistes sont souvent en eux-même tout un programme (un collage de Max Ernst s’intitule « la troisième souris assise, on voit voler le corps d’une adulte légendaire », pour ne citer qu’un exemple), et bien souvent le texte s’immisce dans l’œuvre de Cornell, sous la forme de collages. L’objet « Les abeilles », qui rappelle un théâtre de marionnettes pour enfants, avec son décor bleu nuit en profondeur sur lequel des strass représentent à la fois des étoiles et des abeilles, place au premier plan une scène en noir et blanc, où des hommes à cheval tirent leurs épées. De la bouche de l’un deux sortent les mots : « les abeilles ont attaqué le bleu céleste pâle ». Chez Cornell, la poésie des mots rejoint celle des images.

Cornell, et la galaxie surréaliste

Boite 2Joseph Cornell a aussi touché au cinéma : le film Rose Hobart, réalisé en 1936 à partir du film East Borneo (1931), est projeté lors de l’exposition. C’est un film-collage qui est combiné à des images d’un film documentaire, et s’attache donc peu à l’intrigue initiale. Cornell a découpé la bande originale pour garder principalement des images de l’actrice Rose Hobart, qui l’obsédait. Il joue sur la teinte du film en plaçant un verre teinté bleu devant le projecteur et en modifiant la vitesse de projection. Dalí fit un scandale lors de la première projection en 1936, car selon lui, le film de Cornell reflétait exactement ce qu’il envisageait de faire ; il considérait cela comme un vol d’idée –  bien qu’il n’en avait jamais avisé personne auparavant… À la suite de cet incident, Cornell coupa court à ses ambitions cinématographiques, mais Rose Hobart est aujourd’hui l’un des plus célèbres courts-métrages surréalistes.

L’artiste s’est toujours clairement distingué du mouvement surréaliste, et il est aujourd’hui  considéré comme un précurseur de l’installation et du pop art. Mais il lui doit beaucoup – ses techniques de montage et d’assemblage sont liées à l’idée d’une juxtaposition poétique d’où naît l’image –, et il a aussi apporté son influence au mouvement. L’exposition a le mérite de mettre habilement en rapport ses travaux avec ceux des surréalistes installés à New-York à l’époque. On peut ainsi admirer des œuvres de Magritte, Ernst, Yves Tanguy, De Chirico, ou encore Dalí. Cornell les a rencontré ou s’en est inspiré. Citons encore les œuvres de Pierre Roy, un peintre français méconnu qui met en scène des objets courants, représentés de manière très réaliste, mais créant des effets poétiques. L’exposition permet donc d’en savoir plus sur certaines figures emblématiques du mouvement, notamment sur Marcel Duchamp. C’est l’occasion de découvrir la variété de l’inspiration d’un artiste dont on ne retient en général que le célèbre urinoir. On peut ainsi remercier le musée des Beaux-Arts de Lyon pour la judicieuse mise en valeur des Rotoreliefs, une série de plaques jouant sur des effets optiques. Enfin, les deux dernières salles présentent des œuvres de Cornell datant d’après la guerre, qui témoignent de son évolution vers des boîtes plus épurées, minimalistes.

Qu’il s’agisse du détournement d’un objet de son fonctionnement habituel, de la perspective accélérée des tableaux de De Chirico, de « l’informel » d’Yves Tanguy, de la déformation des images ou du rapprochement d’objets hétéroclites, il s’agit toujours pour les surréalistes de mettre notre perception du réel en question. L’exposition est un voyage tantôt drôle, tantôt mélancolique, dans l’univers de Joseph Cornell, et surtout une leçon de créativité de la part d’un artiste joyeusement prolifique, qui bricola des œuvres d’une sensibilité étonnante, avec trois fois rien.

Il est encore temps de revivre cette époque décalée en visitant l’exposition au Musée des Beaux-Arts de Lyon, jusqu’au 10 février 2014. La visite guidée apporte beaucoup !

http://www.dailymotion.com/video/x16xgs8_comprendre-l-expo-joseph-cornell_creation

Johanna Tasset