Les mangas de notre enfance

Dragon-Ball-Super-Anime

« Vieillir c’est se rappeler son enfance »
Thomas Bernhard

Plus on vieillit plus on cherche à se rappeler son enfance. Parlons aujourd’hui d’une chose dont la plupart d’entre-nous se rappellent : Les mangas.

On a tous un manga ou un animé qui a particulièrement marqué notre enfance, la plupart du temps parce qu’il passait à la télé. Il y en avait pour tous les âges, certain pour les petites filles d’autres pour les jeunes garçons, et les sujets traités étaient assez variés.

Les mangas sur le sport

Olive-et-TomLe sport est l’un des nombreux sujets abordés dans les mangas, et on ne peut pas parler de sport sans revenir sur l’un des animés les plus emblématiques : Olive et Tom.

On ne compte plus les heures passées devant la télé à regarder le jeune Oliver Atton s’entraîner et jouer au foot avec ses amis pour espérer plus tard devenir un grand joueur connu. Avec son équipe la Newteam, en compagnie de Thomas Price, les matchs et les victoires ont été aussi nombreux que palpitants. Durant les 128 épisodes que compte l’animé, on a pris plaisir à suivre leurs aventures même si on aurait parfois aimé que cela dur plus longtemps. Aujourd’hui, peu sont ceux qui se rappelle de chaque épisode mais s’il y a bien une chose que l’on a tous retenu c’est le générique. On l’a tous chanté dans sa tête sans pouvoir sans débarrasser !

Moins de sport, place à la fantaisie

Sailor moonPour celles et ceux qui n’étaient pas intéressés par le sport et par tous ces garçons en short qui s’épuisaient à courir après un ballon, il existait des dessins animés tels que Sailor Moon, manga du genre magical girl qui a fait rêver plus d’une petite fille. Cette série débuté en 1992, est encore très connue et appréciée de tous grâce notamment à son personnage principal, la jeune Usagi Tsukino. Adolescente maladroite et pleurnicharde dans les premières saisons, elle se révèle une guerrière aux pouvoirs magiques combattant le mal au nom de l’amour et la justice, et est rejointe par de nombreuses alliées, chacune correspondant à une planète du système solaire. Pendant plus de 200 épisodes, des milliers de filles du monde entier vont apprendre à connaître Tsukino, Ami Mizuno ou encore Rei Hino et pourront choisir leur Sailor préférée. Car oui, il y avait neuf Sailor guerrière pour que chaque jeune téléspectatrice puissent choisir laquelle elle voulait être, et on sait toutes que dans les cours de récrée ça se chamaillait pour savoir laquelle serait Sailor Moon et pourvoir dire ainsi cette phrase culte : « Je suis Sailor Moon, et je me bats pour la défense de l’ordre et de la justice ! » Ou encore « Pouvoir du Prisme lunaire, transforme-moi ! »

Mais quand on était lassée par Sailor Moon et ses chats, on pouvait se rabattre sur Nikki Larson, Les Chevaliers du Zodiaque ou Détective Conan car, que l’on soit une fille ou un garçon, ces animé nous faisait tous rire et nous mettaient des étoiles dans les yeux.

Finissons en baston

Pour ceux qui étaient plus tentés par les arts martiaux et les petits bonhommes verts, Dragon Ball était la série idéale. On pouvait y croiser Sen Goku, un garçon un peu naïf doté d’une force extraordinaire ou encore Vegeta le prince des Saiyens. La quête des sept boules de cristal légendaire va amener le jeune Goku à suivre un apprentissage avec des maîtres comme Kamé Sennin ou Maître Kairin et à participer à de nombreux championnats du monde d’art martiaux. Il apprendra au cours de ses aventures à maîtriser la fameux : Kamé Hamé Ha, une technique inventé par Kamé Sennin qui consiste à se concentrer de façon à augmenter sa force pour ensuite projeter une vague d’énergie avec ses mains. Plus jeunes, on aurait tous aimé tester cette technique sur nos professeurs à l’école lorsqu’ils nous annonçaient un contrôle.

one_pieceMais Sen Goku n’étais pas le seul à posséder des pouvoirs que l’on rêvait d’avoir. Le fameux Luffy au chapeau de paille du manga One Piece était assez fort pour rivaliser. Depuis l’année 1999, nous pouvons suivre Luffy et ses compagnons hauts en couleurs dans leurs aventures à la recherche du One Piece, le trésor que Gol D. Roger le roi des pirates a caché quelque part sur grand line. Enfin un animé que tout le monde pouvait regarder, filles comme garçons. Chaque personnage avait son propre caractère et les jeunes femmes de ce shonen plein de combat n’avaient rien à envier aux hommes. De plus, comparé à Dragon Ball dont les suites n’enchantent guère les fans les plus anciens, One Piece continue à perdurer et a su s’implanter fortement chez les nouvelles générations. Avec 80 volumes actuellement sortis et plus de 730 épisodes animés, One Piece est bien partit pour durer encore longtemps. Le Gum Gum de Luffy est devenu incontournable tout comme les saignements de nez de Sanji devant des jolies filles.

Les mangas qui ont marqués notre enfance sont trop nombreux pour tous les citer. Chaque personne a ses préférences mais heureusement grâce à Internet il nous est toujours possible de regarder nos coups de cœur de l’époque, encore et encore.

Léonore Boissy

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Le lecteur de mangas est-il un dangereux psychopathe ?

cowboy-bebopVoilà une question à laquelle il est intéressant de répondre, car si le lecteur de mangas souffre d’une véritable addiction pour ces petites bandes dessinées japonaises (et cela peut aller plus loin, jusqu’à se métamorphoser en personnage de ces BD lors de mystérieuses conventions dédiées à la culture japonaise), il reste toutefois, la plupart du temps, inoffensif. En effet, la lecture de mangas peut déclencher chez lui la création d’un imaginaire dépassant les frontières de notre triste et morne réalité, il se trouve ainsi comme enfermé dans une bulle hermétique où ses rêves d’évasion deviendraient presque palpables. Il n’est donc pas rare de croiser quelques sujets, intimement convaincus qu’ils deviendront un jour des pirates, naviguant avec bravoure sur la route de tous les périls, ou d’intrépides ninjas se battant avec courage pour défendre le village sacré de Konoha.

 

De ce fait, nous pouvons affirmer que la lecture de manga n’est pas sans risques. Mais elle présente aussi de nombreux points positifs.

 

Est-il vrai que lire des mangas accentue la pousse des poils nasaux ?

Mes amis, ne nous laissons pas distraire par de scandaleuses légendes urbaines. Certes, le manga est fréquemment défini comme une lecture illégitime, destiné à une classe d’adolescents déficients, pour qui « la grande Littérature » (terme définitivement discutable) n’est autre qu’une indéchiffrable suite de mots incompréhensibles. Et c’est un grand débat que voilà ! La question de la légitimité de la lecture étant un gouffre dans lequel ni vous ni moi n’avons envie de s’enfoncer, souvenons nous seulement de ce qu’a écrit notre cher Sartre dans son roman autobiographique Les mots : la lecture de romans « divertissants », en plus d’apporter au lecteur du plaisir, un moyen d’évasion, une compagnie, permet de créer chez lui une habitude de lecture qui le formera par la suite en tant que lecteur. Ces lectures, et notamment celles de mangas, sont donc légitimes dans le sens où elles forment à la lecture et constituent un véritable vecteur de développement de l’imagination et du goût.

 

Et il y en a pour tous les goûts !

46_fruits_basketQuelle bonne nouvelle ! Mais, avant de se pencher sur les différents genres que présente le manga, rappelons cependant que sa lecture nécessite un premier apprentissage. Le néophyte se lançant tête baissée dans la lecture d’un manga se cogne généralement au robuste mur – pour nous occidentaux – de la lecture de droite à gauche. Cette première étape constitue le premier pas vers l’acceptation de la particularité, et c’est ainsi que s’ouvre devant vous, devenu depuis peu lecteur ambidextre, une infinité d’ouvrages tous uniques par leurs histoires plus ou moins farfelues, mais pouvant se catégoriser en au moins trois catégories.

 

Amour, passion et petits chatons

Si vous êtes sensible aux histoires à l’eau de rose d’adolescentes en fleur, vous serez probablement attirés par le shōjo manga. Outre le caractère romantique très prononcé de ce genre, il peut s’agir parfois de réels voyages initiatiques, et le lecteur peut alors facilement s’identifier aux protagonistes.Prenons comme exemple le shōjo Fruits Basket de Natsuki Takaya, qui relate en 23 volumes l’histoire de la jeune Tohru Honda. Cette dernière est une lycéenne de 16 ans, orpheline, recueillie par les membres d’une famille maudite qui se transforment chacun en l’un des douze animaux du zodiaque chinois. Au fil de la série, l’adolescente est confrontée à des obstacles qui, derrière des aspects fantastiques, reflètent en vérité les questionnements que tout adolescent peut se poser. Le shōjo a donc une qualité incroyable : celle de créer une véritable catharsis chez le lecteur.

 

Aventures, bagarres et testostérone

46_Juliette_One-PieceSi vous préférez l’action, les combats ou encore les histoires de force et de dépassement de soi, vous serez probablement attirés par le shōnen manga, autrement dit le « manga pour jeune garçon ». Ce genre présente couramment l’histoire d’un jeune héros emplit de rêves et d’ambition, comme le fougueux Monkey D. Luffy, jeune pirate héros de la saga One Piece, qui doit se battre pour obtenir ce qu’il désire le plus au monde : le titre de roi des pirates ! Tout comme One Piece, les shōnen mangas sont souvent porteurs de morales et de principes que les personnages s’approprient au cours de leurs multiples et incessantes aventures. Ainsi, si l’on croit en le rôle de modèles que peuvent avoir ces personnages (notamment chez les jeunes lecteurs), il ne serait pas fou de dire, que, OUI, le manga peut être vu comme une sorte d’apologue qui nous rendrait vertueux ! Et nous voulons y croire.

 

Violence, marre de sang et boobs à foison

Si vous préférez le trash, le gore et le sexe (et non vous n’aurez pas d’illustrations pour cela), penchez-vous alors sur le seinen manga (et ce n’est qu’à peine exagéré). En effet, le seinen manga étant destiné à un public masculin et adulte, il n’est pas inhabituel, lorsque vous entre-ouvrez un livre au hasard dans le rayon seinen d’une librairie, de tomber sur des scènes à caractère sexuel +++ ou sur de véritables boucheries et autres marres de sang. L’excellent Battle Royale (tiré du roman du même nom)de Masayuki Taguchi et Koushun Takami, décrit l’histoire d’une quarantaine d’élèves, dans un pays totalitaire appelé « République de l’Est », envoyés sur une île dans le but de jouer à un « jeu » : s’entre-tuer et ne laisser qu’un seul survivant. Si le roman était déjà poignant, l’apport des images du manga brise l’aspect in-figurable d’un tel scénario, et nous met sous les yeux l’horreur du massacre juvénile. Malheureusement, le Gazettarium n’a pas pu tester pour vous les seinens dit érotiques (pardonnez).

 

Mais il existe bien d’autres sagas qui ont des thèmes plus particuliers. Un exemple, vous êtes fan de rock ? Beck (Harold Sakuishi) saura combler votre désir de rock’n’roll ! Vous n’avez donc plus aucune excuse pour ne pas vous y mettre.

 

Votre nez pisse le sang quand vous apercevez une culotte ?

46_battle_royale_01C’est que vous en avez déjà trop lu ! Les mangas regorgent de codes et de symboles qui leurs sont propres, et c’est à chaque fois un plaisir de les retrouver. L’expression exagérée des sentiments fait partie de ce que l’on retrouve très régulièrement dans un manga, et la retranscription en l’image entraîne de ce fait chez le lecteur une émotion accrue. On remarquera d’ailleurs que l’expression extrême du sentiment est à l’inverse de ce que l’on peut retrouver dans les mœurs japonaises ou dans les films (attendre 2h le baiser pour qu’il n’arrive finalement jamais…). Ainsi, l’écriture et l’illustration du manga se révèlent être de véritables licences pour les auteurs (mangaka), et c’est peut-être pourquoi certains scénarios nous semblent parfois si déjantés.

 

Alors, même s’il faudra attendre encore un peu avant de pouvoir placer les références de nos mangas préférés dans nos dissertations, lisez des mangas, c’est bon pour la santé ! Et s’il y a encore quelques réticents parmi vous, sachez qu’il existe des mangas occidentaux qui se lisent de gauche à droite (Pink Diary – Jenny).

Le lecteur de mangas n’est pas un dangereux psychopathe.

 

Juliette Descubes